À l’approche du troisième Sommet Russie-Afrique, prévu les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou, l’ambassadeur de Russie au Mali, M. Igor Gromyko, a prononcé un discours lors d’une conférence le vendredi 9 octobre 2026 à Bamako. Lors de son discours, l’ambassadeur a placé la coopération sécuritaire au centre de son intervention.
Tout au long de la conférence, M. l’ambassadeur Gromyko a placé au cœur de son discours le soutien de la Russie aux Forces armées maliennes, ainsi que leur rapprochement avec la Confédération des États du Sahel (AES). Il a aussi accusé la France et l’Ukraine d’avoir participé aux attaques du 25 avril 2026.
Dans un Sahel toujours confronté aux groupes armés, Moscou entend présenter sa coopération avec Bamako comme l’un des piliers de sa politique africaine. Devant les journalistes et des membres du corps diplomatique, M. Igor Gromyko a rappelé le soutien apporté par son pays au Mali dans la lutte contre le terrorisme.
Une coopération qui, selon le diplomate, se traduit directement sur le terrain. Il a notamment mis en avant les activités de l’« Africa Corps » du ministère russe de la Défense aux côtés des Forces armées maliennes. Selon lui, les militaires russes et maliens œuvrent conjointement à « l’éradication de la menace terroriste » et à la protection des populations civiles.
L’ambassadeur a cité comme illustration l’opération menée à Kidal par les Forces armées maliennes avec l’appui de leurs partenaires russes, qui a conduit à la récupération de la ville. Il a salué le résultat de cette opération et affirmé que la coalition du FLA et du JNIM, appuyée par « l’Occident », avait été expulsée de la ville. Une déclaration qui traduit l’importance accordée par Moscou aux résultats militaires au Mali et au partenariat sécuritaire entre les deux pays.
Mais le discours de M. Igor Gromyko est allé au-delà de la coopération militaire. La sécurité au Sahel a été replacée dans le contexte plus large de la confrontation géopolitique entre la Russie et les puissances occidentales.
Le diplomate russe a ainsi accusé la France et l’Ukraine d’avoir participé à la préparation des attentats du 25 avril 2026, qui ont notamment coûté la vie au ministre d’État, ministre de la Défense et des Anciens Combattants, Sadio Camara. Il a également affirmé que l’Ukraine avait « ouvert un deuxième front » contre la Russie au Mali.
Pour l’ambassadeur, ces deux pays ont de nombreuses raisons de s’attaquer au Mali. « Si la première tente de retrouver l’influence qu’elle a perdue au Mali, l’autre, qui subit de lourdes pertes sur les champs de bataille de l’opération militaire spéciale, a ouvert un deuxième front contre la Russie au Mali », a-t-il déclaré dans son discours.
Au-delà du Mali, la Russie cherche également à élargir son partenariat sécuritaire à l’échelle régionale. La Confédération des États du Sahel, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, occupe ainsi une place importante dans la stratégie présentée par l’ambassadeur. Après une première rencontre Russie-AES à Moscou en avril 2025 et une deuxième à Niamey en juillet 2026, Moscou entend poursuivre ces consultations.
Cette orientation montre que la coopération russo-malienne ne se limite plus à une relation bilatérale. Elle tend désormais à s’inscrire dans un axe Russie-AES, associant sécurité, diplomatie, économie et coordination dans les instances internationales.
Tioumbè Adeline Tolofoudié
