Le Palais de la Culture de Bamako a servi de cadre, mercredi 25 mars 2026, au lancement de la deuxième édition du Festival de la mangue, également appelé « Mali Mangoro Sugu ».
Placé sous l’égide du ministre de l’Agriculture, l’événement met cette année l’accent sur un enjeu majeur : la transformation locale comme moteur de développement économique et de création d’emplois. La mangue n’est plus seulement perçue comme un fruit de consommation, mais comme un véritable levier stratégique pour l’économie malienne. À travers le thème « La mangue transformée, moteur de développement local et d’emplois », les organisateurs entendent repositionner la filière au cœur des politiques de valorisation agricole.
Dans son intervention, le ministre de l’Agriculture, Ibrahima Samaké, a insisté sur la nécessité de changer de paradigme. Selon lui, produire ne suffit plus : il faut désormais transformer, conserver et mieux commercialiser. La transformation de la mangue permet non seulement de réduire les pertes post-récolte, mais aussi de créer de la valeur ajoutée, de diversifier les débouchés et de renforcer la compétitivité du Mali sur les marchés régionaux et internationaux.
Invité d’honneur de cette édition, l’ambassadeur du Royaume d’Espagne au Mali, Antonio Guillén Hidalgo, a salué le potentiel de la filière et réaffirmé l’engagement de son pays à accompagner le Mali. Il a notamment évoqué les opportunités de coopération dans les domaines de la transformation agroalimentaire, de la logistique et de l’exportation, soulignant qu’un partenariat solide pourrait contribuer à ouvrir de nouveaux marchés à la mangue malienne.
Sur le terrain, les acteurs de la filière ne cachent pas leurs attentes. Le président de l’Interprofession de la filière mangue rappellera que ce produit génère des revenus importants et constitue une source d’emplois pour une grande partie de la jeunesse. Toutefois, il alerte sur les défis persistants, notamment la prolifération des mouches des fruits, qui pénalise l’accès au marché international et nécessite des réponses urgentes.
Le promoteur du festival, Moussa Papa Haïdara, voit dans cette initiative une plateforme stratégique. Pour lui, il s’agit de créer un espace de rencontres entre producteurs, transformateurs, investisseurs et décideurs, afin de dynamiser la filière. Il a également rappelé que la mangue figurait parmi les principaux produits d’exportation du Mali, malgré un potentiel encore largement sous-exploité.
Du côté des collectivités, le maire de la Commune V du District de Bamako a salué une initiative qui met en lumière un produit au cœur de l’économie locale. Il a toutefois insisté sur la nécessité de surmonter les difficultés liées à la transformation, à la qualité et à l’accès aux marchés, dans un contexte marqué par les changements climatiques et les pertes post-récolte.
Au-delà des discours, cette deuxième édition du Festival de la mangue se présente comme un appel à l’action. Transformer la mangue, c’est transformer l’économie locale. C’est aussi offrir des perspectives concrètes à la jeunesse, renforcer la souveraineté alimentaire et inscrire durablement le Mali dans les chaînes de valeur agricoles à forte valeur ajoutée.
Kémoko Diabaté
