La Faculté des Sciences administratives et politiques (FSAP) de Bamako a abrité ce mercredi 10 juin 2026 une conférence-débat placée sous le thème : « L’UE à l’écoute de la jeunesse malienne : participation citoyenne, information responsable et cohésion sociale ». La rencontre s’est tenue dans le cadre de la Campagne Kafo de l’Union européenne, mise en œuvre par l’ONG Search for Common Ground à travers le projet « Maara Ni Kunafoni : Éducation aux médias et Engagement citoyen ».
Animée par le Vice-doyen de la FSAP et l’ambassadeur de l’Union européenne au Mali, cette journée d’échanges a réuni des étudiants venus nombreux débattre de questions qui les concernent directement : leur place dans la vie publique, leur rapport à l’information et leur rôle dans la construction de la cohésion sociale. La conférence inaugurale a été animée par le Vice-doyen de la Faculté, le professeur Abdoul Sogodogo, sur les questions de la désinformation, mesinformation et Malinformation.
Appeler la jeunesse à s’engager
La participation citoyenne a été au cœur des échanges. Astan Dembelé, étudiante en deuxième année à la FSAP, a retenu de la conférence un message essentiel. « Le vice-doyen a appelé la jeunesse malienne à participer concrètement et massivement à la vie politique. Il a touché un point très important : la jeunesse ne s’intéresse pas forcément à la vie politique parce qu’on ne lui explique pas bien ce que c’est », a-t-elle confié. Avant de préciser : « Quand on dit vie politique, on s’intéresse à la société, aux faits qui se passent dans la société. Et une personne qui vit dans une société a forcément besoin de comprendre ce que veut dire cette société. »
L’information responsable, une responsabilité de la jeunesse
La question de la désinformation a occupé une place centrale dans les débats. Iddrissa Maïga, étudiant sortant de la FSAP, en a tiré une leçon claire. « La jeunesse doit être un moteur pour le développement et non un moteur qui va détruire le pays. Avant de partager une information, il faut bien regarder, aller aux sources, vérifier si c’est vrai. Il faut se demander si ces messages vont construire ou détruire », a-t-il souligné.
Niagali Diaby, étudiante en Relations internationales, a pour sa part retenu l’importance de savoir distinguer l’information fiable de la fausse. « La partie qui a le plus attiré mon attention, c’est l’explication de l’ambassadeur sur les sources où trouver des informations fiables, et sur la façon de dissocier les fake news des informations vérifiées », a-t-elle indiqué.
Un ambassadeur conquis par le niveau des étudiants
L’ambassadeur de l’Union européenne au Mali, Alberto Cerezo, a salué la qualité des échanges et le niveau de réflexion des étudiants présents. « Le futur du Mali est dans leurs mains. Ils ont beaucoup d’idées, ils réfléchissent très bien. Ils ont besoin de continuer à se former », a-t-il déclaré. Il a également souligné que cette campagne de terrain est pour lui la meilleure façon de connaître le pays. « J’ai appris beaucoup plus du Mali et des Maliens en écoutant les étudiants qu’en restant au bureau à lire des rapports », a-t-il confié.
Search for Common Ground, la paix se construit aussi à l’université
Boubacar Coulibaly, Directeur-Pays par intérim de Search for Common Ground pour le Sahel et le Bénin, a rappelé l’idée qui sous-tend le projet. « La paix n’émerge pas seulement dans les grandes conférences internationales. Nous pouvons trouver des solutions durables dans les écoles, les universités et les communautés », a-t-il affirmé. Il a insisté sur le rôle central de la jeunesse, qui représente plus de 60% de la population malienne, dans la construction de la cohésion sociale et de la réconciliation.
Cette conférence-débat s’inscrit dans une série d’activités de la Campagne Kafo, qui entend poursuivre ses échanges avec les jeunes Maliens dans les semaines et mois à venir.
Kémoko Diabaté

