Située dans la région de Bougouni, la commune de Garalo se trouve au cœur de contestations et dénonciations consécutives à la gestion de la zone. Des plaintes ont été effectuées auprès des juridictions compétentes, des départements ministériels, des domaines et du cadastre ont été imprégnés de la gravité des faits. Outre des lotissements controversés des quartiers comme Markala et Tiokona, dans la commune de Garalo, plus de cent dragues installées seraient également en train d’extraire de l’or dans la forêt de Solabougouda, un village situé dans la commune de Garalo.
Des contestations relatives aux lotissements effectués de 2017 à nos jours se poursuivent à Garalo. En avril 2026, le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a été saisi par rapport à d’éventuelles irrégularités causées à la suite desdits lotissements non autorisés, mais effectués sous la présence des autorités locales. Les faits ont été signalés à la Direction régionale des Domaines et du Cadastre de Bougouni. Dans les documents mis à notre disposition, il ressort que le Gouvernorat et la préfecture de Bougouni n’ont été nullement au courant desdits lotissements. Il s’agit de l’exécution des opérations illicites pratiquées par le maire M. Kanté au sein du village de Solabougouda. En la matière, a-t-on appris, plus de deux cents propriétaires de parcelles auraient procédé au paiement de 15 000 F CFA. Sur le reçu de paiement, seulement 10 000 F CFA auraient été mentionnés. « Le document de lotissement n’a été validé par aucun responsable ou notable du village, sauf le Géomètre seul qui a signé. Donc ce fut un lotissement illicite. En plus, la ville de Garalo a subi un lotissement pareil dans le quartier Tiokona. Le maire dit vouloir effectuer un redressement sur un espace de plus de 1 000 hectares. Une autre zone de Tiokona a subi un lotissement qui s’étend à plus de 2 000 hectares, toujours sans la validation des notables ainsi que les autorités administratives de la région. Les lieux ont été vendus à 20 000 F CFA, dont 5 000 F CFA pour signature du maire et pour les lettres d’attribution. Et le prix de la vente des parcelles a été fixé à 75 000 F CFA, dont 37 500 F étaient mentionnés sur le reçu de paiement », ont souligné les mêmes sources, indiquant qu’à Markala, un autre quartier de Garalo, un autre cas de lotissement a concerné plus de 1 000 hectares. Le plan dudit lotissement n’avait pas été autorisé par les domaines. Les parcelles étaient cédées à 750 000 F CFA, dont 37 500 F mentionnés sur le reçu de paiement. La lettre d’attribution était fixée à 15 000 F, dont les 5 000 F pour la signature du maire.
Interdite aux usagers, la forêt de Solabougouda mise à la disposition des orpailleurs clandestins
Courant le 1er trimestre 2026, la mise en place d’un point d’orpaillage dans la forêt de Solabougouda a fait l’objet de dénonciation, alors que l’espace reste interdit aux cultivateurs. Plus de 200 cracheurs fonctionnaient dans cette zone. Et les mêmes sources témoignent que cet acte a été autorisé par le chef du village de Sola Bougouda, M. Nouhoum Diakité, en complicité avec ses collaborateurs et en raison de 50 000 F CFA comme frais d’installation par cracheur. « Chaque semaine, par la consigne du chef de village, chaque cracheur effectue un paiement hebdomadaire de 25 000 F CFA. » Ces appareils nommés « dragui » fonctionnent sur les fleuves et en grand nombre dans la commune de Garalo. Ajoutant : « les personnes suivantes doivent être entendues : le Segal de la Mairie, Broulaye Sangaré, le Chef de la Pêche M. DICKO, le Maire de la Commune M. Kanté, le préfet de Garalo, Boubacar Keïta… ».
Des pratiques en cours malgré la prison
Suite aux opérations de lotissement, une enquête administrative avait été menée en 2018 par la préfecture de Bougouni. Ainsi, les résultats ont révélé que 53 000 000 F CFA auraient dû être versés dans la caisse de la mairie. Or, seulement 1 000 000 a été déclaré, avec quittance à l’appui. Le dossier a été transmis au Pôle Économique et Financier qui a émis un mandat de dépôt contre le maire, finalement condamné à deux (2) mois avant d’être libéré sous caution.
Réactions du maire et d’autres responsables
En date du 22 septembre 2026, précisément aux environs de 19H23, nous avons joint le maire Kanté après plusieurs jours d’attente et de messages envoyés sans succès. Il a reconnu avoir été effectivement emprisonné par le passé en raison d’une affaire foncière de la zone. L’élu a également reconnu la présence des dragues dans la forêt de Sola Bougouda. « Je n’ai donné l’autorisation à personne. J’ai écrit à la préfecture, au procureur, au gouvernorat lorsque j’ai découvert la présence des dragues dans cette forêt. Je ne sais pas non plus la personne qui a donné l’autorisation à ces gens », a indiqué le maire. Quant aux lotissements effectués dans la commune de Garalo, précisément à Tiokona et Markala, Issoufou Kanté a catégoriquement nié son implication, soulignant qu’il a été élu en 2016. Le 19 septembre 2026, aux environs de 21H06, nous avons laissé des messages au préfet sans obtenir de suite. Suite à plusieurs jours d’attente, nous avons essayé de le joindre sans succès pour entendre sa version. Le samedi 25 septembre, aux environs de 21H12, nous lui avons également renvoyé un autre message en précisant notre journal, qui n’a pas reçu de réponse. Cité dans l’affaire, le régisseur Wali Keïta n’a pas voulu se prononcer : « Vraiment, je suis désolé, je ne peux rien vous dire concernant ce lotissement, c’est entre eux, il y a une commission pour ça à Sola. » Sur la question, le bureau des Domaines et du Cadastre de Bougouni annonce qu’il n’est pas au courant d’un lotissement effectué dans la commune de Garalo. « Je n’ai pas reçu cette information et on n’a pas fait d’opération au niveau de Garalo. Quand je venais, il y avait deux titres et je voulais créer un troisième, on a fait les bornages et le dossier n’a pas progressé », a souligné le bureau des Domaines de Bougouni, précisant que cela date de quatre ans.
Mamadou Diarra
