L’élu du RPM (Rassemblement pour le Mali), Moussa Diarra s’arrange, dans le bras de fer opposant les enseignants au gouvernement de Boubou Cissé, aux côtés des grévistes. Sur la question, les mots du député de la commune IV du District de Bamako donnent raison aux enseignants.
Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, l’honorable Moussa Diarra, député du Rassemblement pour le Mali, le parti présidentiel, s’est prononcé sur la grève des enseignants, après avoir donné sa vision sur la coopération entre le Mali et la France.
Grève des enseignants
Sur la grève des enseignants, l’élu de la commune IV estime qu’on ne doit même pas parler de ce problème qui mine l’école. Il trouve que cette grève est un « faux débat ».
« Le problème opposant les enseignants au gouvernement est un faux débat. Pour moi, on ne doit même pas parler de cette affaire. Tout le monde sait comment une loi est prise à l’Assemblée nationale. Soit le gouvernement fait un projet de loi, soit l’Assemblée fait une proposition de loi. C’est le gouvernement qui a amené le projet de loi du statut particulier des enseignants à l’Assemblée nationale. Au moment où les députés votaient la loi à l’Assemblée, le gouvernement a défendu le dossier, montrant que cela serait une bonne chose pour la revalorisation du corps enseignant. Maintenant que la loi est votée, et que le statut est en vigueur, il faudra l’appliquer », explique l’élu.
D’après lui, c’est dans un souci de rendre la fonction enseignante « meilleure et attrayante » en termes d’avantages et de bénéfices que la loi a été votée et adoptée par les députés sur l’initiative du gouvernement. Il estime que les enseignants sont des Maliens comme tout le monde, et méritent des avantages prévus par l’article 39 du statut particulier. « Ils sont maliens comme tous, si l’article 39 du statut prévoit que majoration se fait sur le salaire des enseignants une fois qu’elle est faite sur celui des fonctionnaires du statut général, pourquoi le gouvernement ne le fait ? »
L’honorable n’en décolère pas et précise : « On peut résoudre ce problème de façon simple. Les enseignants ne veulent pas lâcher ce combat compte tenu de la manière dont le gouvernement les traite, les écoute, et les reçoive. Les élèves vivent dans une situation difficile, on doit plutôt essayer de régler cette affaire à l’amiable et non de façon belliqueuse, pouvant encore dramatiser le problème ».
Aujourd’hui, poursuit l’honorable, les gens accusent les enseignants. Or, « tout le monde sait que le gouvernement n’a pas raison. Le gouvernement nous a même dit que les enseignants ont raison dans cette affaire », a-t-il confié aux journalistes.
Sur la coopération entre le Mali et la France
« Je ne suis pas contre la France ni contre les Français, mais je suis contre la politique française au Mali. Il ne faudrait pas qu’on se le cache, ce qu’elle est en train de mener chez nous aujourd’hui comme politique, nous sommes contre », ajoute-t-il, se penchant sur la coopération franco-malienne. Par la même occasion, l’élu se montre encore clair : « Nous avons des traités avec la France, nous ne demandons que l’application desdits accords, c’est aussi simple que ça. Si elle a d’autres agendas, elle peut les élaborer dans d’autres contextes, mais pas dans le présent contexte ». Pour lui, il est incompréhensible d’assister à de telles atrocités que subit le Mali alors que la France dispose sur le territoire tous les équipements susceptibles de nuire les forces du mal.
« Les terroristes font des dizaines de kilomètres à motos, commettant des massacres, des destructions de camps, ils retournent tranquillement à leur base, comme si rien de grave n’y est arrivé. Ils font deux heures de temps dans certaines attaques, sans que la France ne les voit ou soit au courant de ce qui se passe sur le terrain. Les drones sont venus pourquoi au Mali ? », dit-il tout en précisant que « notre partenariat avec la France doit être franc, sincère ». À défaut de cela, clarifie-t-il, « nous pensons qu’il faut tendre la main à d’autres partenaires ».
Mamadou Diarra
Source : LE PAYS
