Le blocage des routes maritimes stratégiques, notamment le détroit d’Ormuz, paralyse l’acheminement de médicaments et de vivres essentiels. L’ONG Save the Children alerte sur une catastrophe imminente pour les populations vulnérables au Soudan, au Yémen et en Afghanistan.
L’escalade des tensions régionales vient de franchir un nouveau seuil critique, non pas sur le front, mais dans les cales des navires humanitaires. L’organisation Save the Children a révélé ce mercredi que les stocks destinés à plus de 410 000 enfants sont actuellement bloqués, victimes collatérales de la paralysie des voies logistiques au Moyen-Orient.
La fermeture du détroit d’Ormuz a stoppé net l’envoi de fournitures médicales vitales. Au Soudan, ce sont plus de 90 centres de santé qui se retrouvent sans antibiotiques ni antipaludéens. En Afghanistan, l’aide nutritionnelle destinée aux femmes enceintes et aux enfants doit désormais être acheminée par avion, un coût logistique dépassant la valeur même des denrées.
« Le blocage du détroit d’Ormuz, combiné à la flambée des coûts d’assurance, a un impact direct sur les patients au pire moment possible », déplore Willem Zuidema, directeur de la chaîne d’approvisionnement de l’ONG.
Pour contourner ces obstacles, l’ONG explore des itinéraires terrestres via Djeddah ou Dubaï. Mais cette adaptation a un prix : les frais de transport doublent, menaçant la pérennité des programmes de nutrition et de soins.
L’organisation exhorte aujourd’hui les parties au conflit à instaurer des dérogations humanitaires immédiates pour laisser passer l’aide.
Alors que la diplomatie piétine, le coût de la guerre ne se compte plus seulement en munitions, mais en jours de traitement perdus pour des milliers d’enfants dont la survie dépend désormais d’un conteneur bloqué à quai.
Bagna MAÏGA/KD, avec La Provence
