Ingénieur en énergie et environnement de formation, Abdoul Karim Coulibaly, connu sous le nom de « I’M AKC », s’impose progressivement dans l’univers de la création de contenu numérique au Mali. Entre humour, récits inspirés du quotidien malien et intelligence artificielle, il développe un style qui séduit des centaines de milliers d’abonnés sur les réseaux sociaux.
« L’ombre qui marche à l’envers », « L’appel du fleuve » ou encore « Les fantômes de Mopti » : derrière ces titres intrigants se trouvent des histoires imaginées par Abdoul Karim Coulibaly, dit AKC. Ses vidéos s’inspirent de réalités sociales maliennes, qu’il revisite à travers des scénarios atypiques, parfois mystérieux, soutenus par des outils d’intelligence artificielle.
Baptisée « I’M AKC », sa marque numérique se construit à la croisée de ses inspirations internationales et des réalités locales. Son approche lui permet de proposer des contenus qui retiennent l’attention des internautes sur plusieurs plateformes.
Sur TikTok, il compte plus de 824 000 abonnés et 11 millions de mentions « J’aime ». Sa communauté s’étend également à Facebook, où il rassemble plus de 120 000 abonnés, YouTube avec plus de 76 300 abonnés, Snapchat avec 72 400 abonnés et Instagram avec 6 900 abonnés. Ces chiffres, susceptibles d’évoluer, témoignent de la visibilité acquise par ses productions.
De la robotique à la création de contenu
AKC n’est pas un novice dans le domaine du numérique. Ancien membre de l’équipe nationale de robotique du Mali, il figure parmi les jeunes récompensés en 2023 dans le cadre du prix du président de la transition, Assimi Goïta consacré à la robotique.
Pourtant, la création de contenu ne constituait pas son ambition première. « Au début, je ne pensais pas que la création de contenu allait devenir mon métier. Ma passion première était plutôt la robotique et l’ingénierie », confie-t-il. Ses premières vidéos visaient surtout à démontrer qu’il était possible de produire au Mali des contenus différents, fondés sur des concepts travaillés.
L’accueil du public l’encourage à poursuivre. « Finalement, ce qui devait être au départ une manière de montrer l’exemple est devenu mon métier », explique-t-il.
Un métier au-delà des vidéos
Dans un environnement numérique souvent critiqué pour ses dérives, AKC mise sur l’humour, l’imagination et une production de plus en plus structurée. Ses collaborations commerciales avec des entreprises comme Orange Mali et Wave Mali illustrent également le potentiel professionnel de son audience.
Pour lui, la création de contenu exige bien davantage que la publication d’une vidéo : « Derrière une vidéo, il y a de la réflexion, de l’écriture, de la production, du montage, de la communication et beaucoup de travail. »
À travers ses productions, Abdoul Karim Coulibaly contribue ainsi à rendre visible une activité numérique en pleine évolution au Mali, où la créativité rencontre de nouvelles possibilités technologiques.
Kémoko Diabaté
