Dans un extrait d’interview accordé à la chaîne AES Tafouk TV, le Président du Faso, Ibrahim Traoré, a livré une critique sans détour du rapport d’une partie de la jeunesse africaine aux réseaux sociaux, appelant à un retour aux savoirs scientifiques et à l’engagement intellectuel.
Selon lui, de nombreux jeunes s’éloignent des débats essentiels sur l’avenir de leurs pays au profit de contenus jugés superficiels. « Dans certains pays en Afrique, les jeunes ne peuvent même pas s’asseoir pour discuter de l’avenir de leur nation. Ce qui les intéresse, ce sont les buzz et les futilités sur les réseaux sociaux », a-t-il regretté.
Le chef de l’État burkinabè dénonce une tendance à valoriser des contenus de divertissement au détriment des initiatives éducatives ou scientifiques. Il illustre ce contraste en évoquant les millions de vues générées par des vidéos jugées légères, pendant que celles portant sur la mécanique, la médecine ou l’innovation restent marginalisées.
Pour Ibrahim Traoré, cette situation constitue un frein au développement du continent. Il exhorte ainsi les jeunes à « revenir à la science », à s’investir davantage dans la connaissance et à produire des contenus utiles à l’éveil des consciences.
Dans son intervention, il met également en garde contre les conséquences à long terme de cette orientation, estimant que l’Afrique risque de rester dépendante si elle ne valorise pas davantage le savoir, la recherche et l’innovation.
Cet appel s’inscrit dans un discours plus large sur la nécessité de transformer les mentalités et de repositionner la jeunesse comme moteur du développement du continent.
Kémoko Diabaté
