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Le départ de Trump de la Maison-Blanche : Quelle perspective pour la diplomatie américaine en Afrique ?

Même si ce n’est pas encore officiel, Joe Biden est en bonne place pour remporter la course pour la présidence aux États-Unis. Une victoire qui survient sans trop de surprises, car, par sa politique, Donald Trump avait réussi à bouleverser les relations traditionnelles de la grande puissance économique avec le reste du monde. Avec l’arrivée de Joe Biden, fin connaisseur et moins têtue que son prédécesseur, les Africains se posent des questions sur la perspective de la diplomatie américaine avec leur continent. La question était sur le plateau du « Le débat du dimanche » d’Africable Télévision la semaine dernière. L’Avocat Cheick Oumar Konaré et les journalistes Alexis Kalembri, Serge Daniel et Mohammed Ag Assouri étaient les invités.

Tous les débatteurs sur le plateau étaient quasiment sceptiques sur un éventuel changement du paradigme sécuritaire des États-Unis en Afrique en général et au Sahel pour ce qui concerne le Mali.

Ce qui est évident selon ces analystes est qu’« on peut espérer un retour des États-Unis sur la scène internationale avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche ». Mais concernant le renforcement des opérations américaines sur le sol africain, le journaliste Mohammed Ag Assori ne promet pas de grand changement. Cela du fait quela plupart des interventions américaines ont été, selon lui, le soutien de la montée en puissance des organisations internationales comme la MINUSMA. Mais ces dernières années, selon lui, on a assisté à un désengagement des forces américaines dans cette mission.

Pour Alexis Kalembri, même si le président avait la volonté de changer les choses, il serait très difficile, car selon lui, les États unis ont une institution si forte qui s’impose même au président de la République.

Par contre, il trouve que ce changement de régime pourra avoir des répercussions sur la politique américaine en Afrique.

Selon lui, parmi les projets du Président sortant, il y’en avait ceux qui concernaient le départ des forces américaines au sahel. Un projet qui n’était pas bien approuvé par beaucoup de pays en lutte contre le terrorisme comme la France.

M. Kalembri n’a pas manqué de souligner qu’il referait d’ailleurs cette politique : « il ne faut pas que d’autres de plus en plus s’engagent à faire notre guerre à notre place », a-t-il indiqué.

Pour sa part, le correspondant de la radio France inter (Rfi) au Mali, M. Serge Daniel s’est dit surpris par l’attitude de la presse américaine qui s’est précipité, selon lui, à déclarer Biden gagnant des élections sans que les résultats officiels ne soient d’abord proclamés. Une anticipation à partir de laquelle beaucoup de chefs d’Etat, dans le monde, se sont aussi permis de féliciter Joe Biden comme nouveau président. 

Au-delà de ça, il a reconnu que le départ de Trump sera la fin d’une « arrogance, d’un style », mais une fin qui ne va pas forcément changer la politique américaine en Afrique et dans le monde.

 Selon Serge Daniel, on va certes avoir un Président plus fréquentable que Trump, mais cela ne signifie qu’il va y avoir trop de changement : « il faut attendre encore pour voir si les 50 millions de contributions des USA pour le sahel va augmenter ou pas » a-t-il indiqué.

M. Serge a tenu à préciser que les USA soutiennent la lutte contre le terrorisme, même sous Trump, mais à travers le renseignement et les logistiques : « si les français ont pu tuer récemment le chef d’Aqmi c’était aussi grâce aux renseignements américains ».

 De son côté, Cheick Oumar Konaré trouve que les États-Unis viennent de perdre un grand Président : « l’Amérique perd un très grand président qui garde ses chances de revenir dans quatre ans », a indiqué l’avocat en ajoutant que Trump pourrait revenir. Selon lui, Trump était un président Atypique qui avait réussi à s’imposer en rehaussant l’économie américaine.

A ses dires, Trump est un grand travailleur, quelqu’un qui a réussi à réduire le taux de chômage mieux que d’autres.

La politique de Trump était selon lui, de traiter individuellement avec chacun des partenaires des États unis afin de maintenir la pression sur chacun d’eux.

A noter que Trump avait réussi à montrer la suprématie américaine en montrant ses griffes successivement à la Chine, la Russie, l’Amérique Latine, l’Européenne ainsi que certaines organisations internationales comme l’OTAN et les environnementalistes. Une situation qui a d’ailleurs fait que son échec a été salué par presque tous aujourd’hui.

Isa Djiguiba

Source : LE PAYS

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