La traditionnelle présentation de vœux de Nouvel An a été l’occasion propice pour le Président de la transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, pour mettre les points sur les i. À ses dires, on ne peut déclarer être favorable à mettre fin au désordre et après se présenter en médiateur lorsque des citoyens sous le couvert de la religion incitent à la révolte.
Le Président de la Transition a reçu, la semaine dernière, les représentants des forces vives de la Nation, venus lui présenter leurs vœux de Nouvel An. L’exercice, comme à l’accoutumée, est un créneau idéal pour exposer certaines réalités et faire des doléances.
À cette occasion, l’intervention qui a le plus attiré l’attention des citoyens maliens, est celle des représentants du Haut Conseil Islamique du Mali. Milieu plus sensible au regard des divergences de vues profondes entre les membres, les prêches sont devenus, à la limite, des moyens pour faire des règlements de compte entre eux et par-delà pour s’en prendre à la gestion même de la Nation. Pas de réserve et des propos, souvent exprimés, dépassent l’imagination.
Après l’intervention du Président du Haut Conseil Islamique, Chérif Ousmane Madani Haïdara, qui a fait un tour d’horizon des problèmes vécus par les Imams, plaidé la cause des détenus politiques au Mali et ceux en exil, le Président de la transition, sans détour, a martelé que le changement rime avec rigueur. Selon lui, les leaders religieux, tout comme d’autres citoyens maliens, ont tous interpellé les autorités au sujet du désordre qui règne en des milieux dont des acteurs profitent du statut qui leur est conféré pour tenir des propos, à la limite, incendiaires. Il a été demandé de mettre un frein à cela au risque de voir le pays en pâtir. Le Président de la transition a exprimé son regret de voir, après dispositions prises par les ordres judiciaires à cet effet, des leaders religieux entreprendre des démarches auprès des autorités à chaque fois qu’un imam ou un prêcheur est mis aux arrêts. À son entendement, on ne peut pas se plaindre d’une situation, interpeller les autorités afin d’y mettre fin et après venir intervenir pour des citoyens poursuivis pour des fautes graves. Le temps n’est plus à la complaisance. Le Mali traverse des moments difficiles, cela exige la rigueur afin de mettre de l’ordre, estime le Président de la Transition.
Haïdara donne raison au Chef de l’État
Lors d’un prêche, après Koulouba, Haïdara a tenu à faire des précisions à l’endroit de certains adeptes du monde religieux qui ont mal interprété les propos du Président de la Transition.
Selon lui, Assimi a dit la vérité et d’ajouter qu’il adhère pleinement aux décisions prises par les autorités afin de réguler le secteur religieux.
Il affirme avoir fait plusieurs démarches pour la libération des leaders religieux, ce qui est d’ailleurs contraire au cri de cœur qu’eux-mêmes ont eu à faire auprès des autorités. Une situation, qui lui a mis dans une situation vraiment inconfortable.
Il a profité pour parler aussi des démarches qu’il a eues à faire pour le retour de son grand frère, allusion faite à l’imam Dicko, qui est dans un pays voisin depuis plus d’un an pour des raisons connues de tous. De même pour d’autres citoyens qui sont en exil et ceux en détention au Mali. L’objectif recherché, c’est leur libération et leur retour, et créer un cadre de dialogue afin que tout le monde sache désormais la conduite à tenir pour aider le Mali.
Le Chérif a souligné qu’au niveau du Haut Conseil islamique, ils vont travailler sur les conditions de prêches, et vont transmettre le document à qui de droit. Si toutefois, certains parmi eux transgressent, ces propositions, ils ne bénéficieront plus du soutien ni du Haut Conseil ni de lui-même Haïdara comme il a l’habitude de faire plusieurs médiations en son propre nom.
Keletigui Danioko
