À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’islamophobie, l’Organisation des Nations unies a tiré la sonnette d’alarme face à une montée inquiétante de la haine antimusulmane à l’échelle mondiale.
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a dénoncé une progression de l’intolérance sous diverses formes, allant de la discrimination institutionnelle à la marginalisation socio-économique, en passant par les restrictions migratoires et le profilage injustifié. Il a également souligné que les préjugés les plus dangereux sont parfois les plus discrets, s’exprimant dans des opportunités refusées ou des comportements empreints de suspicion au quotidien.
Cette montée de l’islamophobie s’inscrit dans un contexte international tendu, marqué notamment par les crises au Moyen-Orient et la prolifération de discours haineux sur les réseaux sociaux. Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, évoque une « vague croissante » de violences et de discriminations visant les musulmans, qu’il s’agisse d’agressions physiques, de vandalisme de lieux de culte ou de propos haineux en ligne, visant particulièrement les femmes portant le hijab.
Au-delà des violences visibles, les discriminations affectent aussi des secteurs essentiels comme l’emploi, le logement ou l’accès aux soins. Dans certains cas, ces inégalités seraient même inscrites dans les dispositifs législatifs, tandis que certaines politiques antiterroristes sont accusées de cibler de manière disproportionnée les populations musulmanes.
Pour les responsables onusiens, cette situation est également alimentée par certains discours politiques. Volker Türk met en garde contre la responsabilité de dirigeants qui stigmatisent les musulmans, contribuant ainsi à banaliser la haine.
Face à cette dynamique, l’ONU a renforcé son dispositif en nommant en 2025 Miguel Ángel Moratinos comme envoyé spécial chargé de coordonner la lutte contre l’islamophobie. Ce dernier estime que le principal danger réside moins dans les réseaux sociaux que dans certaines rhétoriques politiques qui encouragent la propagation de discours haineux.
De son côté, la présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, a rappelé que la lutte contre l’islamophobie dépasse la défense d’une religion. « Il s’agit de défendre notre humanité commune », a-t-elle affirmé.
Les Nations unies appellent ainsi les États, les entreprises technologiques et les citoyens à agir conjointement pour endiguer ce phénomène, rappelant que chaque acte de haine non sanctionné fragilise davantage la cohésion sociale à l’échelle mondiale.
Kémoko Diabaté

