Clôturant la troisième édition de l’émission Mali kura taasira3, le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, est revenu sur les grands défis du pays, notamment la sécurité. Un hommage poignant a été rendu à Abdouye Kenta, agent de santé tué à Touara d’une attaque terroriste.
Après les membres de son gouvernement, le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, portant également la casquette de ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, a bouclé la boucle de la troisième édition de Mali kura taasira3. Parmi les nombreux sujets abordés, figure encore et toujours l’épineuse question de la sécurité, telle qu’instruite par le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, dans sa lettre de cadrage qui sert de boussole à l’ensemble des actions gouvernementales.
Le chef du gouvernement a mis cette occasion à profit pour exprimer la compassion des plus hautes autorités de la Transition au ministre de la Santé et du Développement social, le médecin-colonel Assa Badiallo Touré, à la famille Kenta, aux autorités locales, aux légitimités traditionnelles et à l’ensemble des populations de Touara (Macina), après la mort tragique de M. Abdouye Kenta, agent vaccinateur du centre de santé communautaire du village, tué lors d’une attaque terroriste le mercredi 28 mai 2025.
Voulant porter secours à ses frères attaqués dans leur champ de riz par des groupes armés terroristes, M. Abdouye Kenta, âgé d’environ 30 ans, a été touché par une balle perdue avant de succomber à ses blessures.
Il faut noter que M. Kenta, en raison de l’insécurité persistante dans la zone, avait géré durant six mois, avec l’aide d’un bénévole, le centre de santé communautaire de Touara. Pour le Premier ministre, M. Abdouye Kenta est un « héros ».
« Je voudrais ici, au nom de Son Excellence le général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition, et en mon nom propre, m’incliner devant la mémoire de ce héros, et également rendre hommage à l’ensemble des victimes de l’insécurité dans notre pays, victimes civiles comme militaires », a-t-il déclaré avec beaucoup d’émotion, saluant ainsi la bravoure et l’audace de l’illustre disparu.
Pour le chef du gouvernement, cette situation malheureuse donne encore plus de crédit aux efforts déployés par les plus hautes autorités dans le cadre de la défense et de la lutte contre toute forme d’insécurité. À ses dires, le président de la Transition a instruit de faire de l’amélioration de la situation sécuritaire « la priorité des priorités », à travers « une politique volontariste et assumée que nous mettons en œuvre pour équiper de manière substantielle nos forces armées et de sécurité ».
Malgré les signes d’espoir, le Premier ministre a tenu à souligner la complexité du phénomène terroriste, qui, à la différence de la guerre conventionnelle, ignore les règles du droit international humanitaire.
« La situation que nous traversons est difficile à plus d’un titre, car il s’agit de groupes armés terroristes dont les assaillants sont parmi nous. Et à cette menace, malheureusement, se greffent d’autres formes d’insécurité, notamment l’exploitation des conflits communautaires par ces mêmes groupes. Toutes ces menaces se déroulent sur le même territoire, dans le même espace. Donc, c’est extrêmement difficile », a-t-il indiqué.
Cette évolution, selon lui, résulte du changement de posture des groupes terroristes, désormais contraints d’abandonner les cibles dures pour s’en prendre aux plus vulnérables.
« Aujourd’hui, l’ennemi change de mode opératoire en évitant les cibles dures pour s’attaquer malheureusement aux cibles molles, comme les paysans qui vont au champ ou les unités industrielles. C’est un changement de tactique, mais cela signifie aussi que la situation sécuritaire est en nette amélioration. C’est un signe d’espoir, même si le défi sécuritaire demeure toujours un défi. »
Issa Djiguiba
