Selon des observateurs, il faut s’attendre à des moments difficiles entre bouchers, consommateurs et autorités à cause du label Mali Sogo. Un label, c’est des exigences, un surcoût pour les acteurs du marché. Donc, un renchérissement des produits. L’arrivée de cette marque collective sur le marché de la viande risque de perturber la vente de la viande mais aussi de rendre la viande plus chère.
La question est de savoir comment les bouchers qui sont des milliers dans nos marchés seront pris en compte dans le processus. Eux qui ne comprennent rien au discours sur la marque en question. En attendant, le 27 août 2025, le ministre de l’élevage et de la pêche, Youba Ba, a présidé la cérémonie de remise de certificat d’enregistrement du label de la viande rouge du Mali « Mali Sogo ».
Avant cela, il y a eu la réalisation d’une étude de faisabilité de mise en place de la marque collective pour la viande rouge et ses dérivés ; la tenue des sessions d’information et de sensibilisation des acteurs de la filière bétail/viande sur le concept marque collective et ses implications dans les régions de Kayes, Koulikoro et du District de Bamako.
L’initiative a été financée par le projet d’Appui à la Compétitivité de l’Afrique de l’Ouest volet Mali (PACAO-Mali). Mais selon le ministre Youba Ba le soutien apporté par son département à ce processus a été important depuis son lancement en juillet 2023.
A l’en croire, « de nos jours, la question de la promotion des produits mis sur le marché doit être un axe prioritaire pour chaque pays. Elle est en général menée autour des signes distinctifs tels que les Labels comme la marque collective, qui permettent aux consommateurs d’identifier les produits et de justifier leur choix ». Ces signes distinctifs, selon lui, permettent d’organiser une forme de partenariat entre plusieurs personnes (groupement ou association) qui souhaitent renforcer leur visibilité, leur compétitivité et leur profitabilité en adoptant une stratégie commune de vente.
Les bouchers qui ne comprennent rien à ces terminologies contrôlent le marché de la viande.
Pourtant, le ministre sait l’importance économique, sociale et culturelle de la filière bétail viande.
Il propose ce label à des gens n’ayant aucune compréhension du langage utilisé. Plus de 30% de la population rurale tirent exclusivement leurs revenus de l’élevage qui constitue le 3ème secteur d’exportation du Mali après l’or et le coton et contribue à près de 19 % au PIB du pays.
En choisissant la valorisation de la filière bétail-viande, il s’agit pour le Mali de pouvoir assurer une production de viande répondant aux standards internationaux de qualité, pour en faire une filière de réduction de la pauvreté en milieu rural, d’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de renforcement de la contribution du sous-secteur de l’élevage à l’économie nationale et à l’entrepreneuriat des jeunes.
Les enjeux concernent essentiellement l’accroissement de la production de viande dans des systèmes durables ; la fixation du cheptel sur le territoire malien ; l’accessibilité économique des populations à la viande rouge ; la qualité et la traçabilité du bétail et de la viande ; la compétitivité de la viande malienne sur le marché sous régional et régional ; le développement des exportations de viande. Il y a aussi le développement des industries de viande ; la valorisation des sous-produits d’abattage ; la sécurisation des systèmes pastoraux et agropastoraux ; la sauvegarde des ressources naturelles ; la préservation de la santé publique en tenant compte des exigences du consommateur en termes de qualité des produits carnés ; la professionnalisation des acteurs de la filière bétail-viande.
Le gouvernement promet bientôt la construction et la réhabilitation des marchés à bétail et abattoirs en tenant compte des aspects environnementaux ; la promotion de la transformation des animaux et sous-produits animaux ; la mise en œuvre de l’initiative volontaire et l’ambition du Mali à exporter la viande au même titre que l’Initiative riz.
S. Diarra
