Le Mali à l’instar de la communauté internationale célèbre aujourd’hui le 8 mars, journée internationale des droits de la femme. Pour l’occasion nous vous proposons le quotidien d’une femme battante parmi tant d’autres. Il s’agit de Mme Sinayogo Assan Togola, commerçante, transformatrice d’arachide en patte d’arachide à Sebenikoro en commune VI du district de Bamako.
La soixantaine révolue, cette brave dame est dans ce métier il y a plus de 30 ans de cela. Connue par plus d’un grâce à la qualité de son travail et de ses services, elle a des milliers de clients et reçoit beaucoup de commandes à travers le pays et de l’étranger. Elle a l’habitude de commander des sacs de 100 kg d’arachides pour transformer en patte d’arachide de très bonne qualité.
« J’ai des clients venant de partout, des civils, des porteurs d’uniforme. Il y a une policière qui vient acheter 30 ou plus de seau d’arachides ici chez moi pour ensuite aller les revendre dans son service. Des fois elle achète 200 kg d’arachide afin que je puisse les transformer en patte», a fait savoir la commerçante.
En dehors de ces commandes, elle produit chaque jour de la patte d’arachide dont la vente est destinée au marché. « C’est le lot que je vende au marché qui est plus rapide à être commercialisé », dit-elle. Pour cela, cette courageuse femme peut produire et vendre 300 kg par jour. Sauf les dimanches où il n’y a pas assez de marché, elle vend seulement 100kg.
Par rapport aux retombées financières de son activité, la vieille Assan ne se plaint pas. « La plupart de mes clients sont des fonctionnaires, donc je suis obligée d’attendre la fin du mois pour qu’ils remboursent mes dettes. Souvent la production se diminue, parce que nous sommes obligés d’attendre le remboursement des dettes que les clients prennent pour pouvoir produire d’autres pattes d’arachides et les placer » soutient Mme Sinayogo.
Comme dans l’exercice de tous les autres métiers, Assan Togola a rencontré des difficultés et est restée optimiste jusqu’aujourd’hui. Pour elle, il faut juste être patient pour pouvoir un jour récolter les fruits de son travail. Il y’a aussi un autre facteur d’handicap, relatif à la montée du prix du sac d’arachide sur le marché. « Cela joue sur notre travail, mais ne nous fait pas arrêter la production. Pendant ce temps nous ne trouvons pas assez de bénéfice » signale-t-elle. Et il arrive même, qu’elle soit confrontée à la perte sur le marché. Une situation qui l’oblige à puiser dans ses maigres économies pour ne pas rester les bras croisés à ne rien faire.
« J’ai tout eu dans ce métier. Grâce à ce travail j’ai pu construire ma propre maison, je nourris ma famille avec, je subviens aux besoins de mes enfants avec cet argent » s’est réjouie cette mère battante. En plus de ce métier, Mme Sinayoko fait des voyages d’affaire dans certains pays de la sous-région pour aller acheter des marchandises (habits et autres divers) pour le faire revendre par ses enfants.
Dans le but de pérenniser ce travail, Assan Togola, a initié ses enfants dans ce métier afin qu’ils puissent prendre la relève quand elle n’aura plus la force de le faire. Et d’indiquer : « Même maintenant quand je ne me sens pas bien ce sont mes enfants qui vont au marché pour vendre à ma place ».
Comme conseil, elle appelle toutes les femmes à travailler, de ne pas rester assises et croiser les bras. La femme selon elle, doit se battre des deux côtés, chez son père et chez son mari pour contribuer aux dépenses familiales ne serait-ce que celles des enfants.
Par Maïmouna Sidibé
