Il y avait tout pour que ce soit une grande soirée. L’Estadio Azteca en feu. Un remake de l’affiche du Mondial 2010. Et la fierté d’un pays hôte qui voulait frapper fort dès l’entrée. Le Mexique n’a pas déçu. L’Afrique du Sud, elle, a tout raté.
Quiñones, premier héros du Mondial
Dès la 9e minute, le ton était donné. Julián Quiñones, meilleur buteur de la Saudi Pro League devant Cristiano Ronaldo, profitait d’une perte de balle catastrophique du défenseur Sithole pour fusiller le gardien Williams. Premier but de la Coupe du Monde 2026. Et quel symbole : il naissait d’une erreur technique évitable, comme un résumé de la soirée à venir pour les Bafana Bafana.
Mobile, clinique, omniprésent, Quiñones a été le joueur le plus dangereux du match. Il touchait même le poteau à la 42e minute avant d’être à l’origine du deuxième but mexicain. L’homme du match, sans discussion.
Un Mexique collectivement souverain
Au-delà de Quiñones, c’est tout un collectif qui a brillé. Gutiérrez, 22 ans, a rayonné dans l’entrejeu avec une prestation XXL. Alvarado, sur le couloir droit, a posé des problèmes constants à la défense sud-africaine avant de délivrer la passe décisive pour Jiménez. Ce dernier, 35 ans, buteur de Fulham et légende du football mexicain, s’offrait son 46e but en sélection d’une tête imparable à la 67e minute.
Le Mexique a joué haut, pressé fort et imposé son rythme dès les premières minutes. Javier Aguirre n’avait qu’à regarder ses hommes dérouler.
Le naufrage sud-africain
En face, ce fut une désillusion totale. L’Afrique du Sud, pourtant portée par un noyau solide de joueurs de Mamelodi Sundowns, double champion d’Afrique en titre, n’a jamais existé. Aucune construction, aucune prise de risque, aucun tir cadré de qualité. Lyle Foster, annoncé comme la menace principale, a été invisible.
Sithole a incarné à lui seul le fiasco de la soirée. Coupable de la perte de balle sur le premier but, il écopait ensuite d’un carton rouge comme dernier défenseur à la 49e minute. Puis Themba Zwane, entré en jeu pour tenter de renverser la tendance, était lui aussi expulsé directement pour un geste d’humeur sur Alvarado. Résultat : neuf contre dix en fin de match. Une image accablante.
Seul Ronwen Williams, le gardien, sauvait un semblant d’honneur avec plusieurs arrêts décisifs en première période.
Une qualification déjà bien engagée pour El Tri
Avec trois points et un avantage de deux buts au goal-average, le Mexique est déjà en bonne posture. Dans un Mondial élargi à 48 équipes où les meilleurs troisièmes sont qualifiés, cette victoire pourrait presque suffire mathématiquement.
Pour l’Afrique du Sud, le prochain match face à la République Tchèque ressemble déjà à une finale. Sans marge d’erreur. Et sans droit à une prestation aussi indigente.
Ce retour en Coupe du Monde, seize ans après l’euphorie de 2010, a tout d’un mauvais rêve pour les Bafana Bafana
Kémoko Diabaté
