Avec ses sorties médiatiques au nom du Cadre stratégique permanent (CSP) et se prononçant au nom de la Plateforme, Fahd Ag Almahmoud s’est ridiculement rendu célèbre dans ces moments-ci. Il accuse le ministre de collaborer avec des narcotrafiquants et annonce la suspension et le retrait de la CMA et de la Plateforme des discussions avec le gouvernement. Pour en savoir plus, nous avons tendu notre micro au Secrétaire permanent du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) et non moins chargé de communication de la Plateforme. Moulaye Abdellah Haïdara n’est pas allé par le dos de la cuillère pour réfuter les propos tenus par Fahd qu’il qualifie d’ailleurs ‘’ de ridicules, fantaisistes et mensongers’’.
« Fahd Ag Almahmoud n’a aucune légitimité pour parler au nom de la Plateforme », a déclaré d’entrée de jeu le chargé de la communication de la Plateforme composée par le MAA, la Cmfpr et le Gatia. Et Moulaye Abdellah Haïdara de rappeler : « La plateforme a été créée le 14 juin 2014 à l’Algérie par le professeur Ahmed Ould Sidy Mohamed, Secrétaire général du MAA et par le président de la Cmfpr, Me. Harouna Toureh. Les documents existent. Par la suite la CPA a rejoint la Plateforme avant de la quitter après. Il ne restait que les deux mouvements (MAA et Cmfpr) dont les représentants ont paraphé l’Accord, dans un premier temps, en Algérie le 1er mars 2014. Et dans un second temps à Bamako le 15 mai 2015 ». C’est après cela que le Gatia a été créé le 03 août, explique-t-il, avant de poursuivre que c’est après cela qu’il a adhéré à la plateforme. « Je ne vois pas à quel titre Fahd à la tête d’une dissidence du Gatia peut se proclamer président ou porte-parole de la Plateforme », s’interroge Moulaye Abdellah Haïdara. Avant d’indiquer : « Actuellement, Fahd n’est plus membre de la Plateforme. La Plateforme l’a écarté de ses instances, vu son comportement et son manque de respect envers des partenaires très respectés par la Plateforme qui sont l’État malien et beaucoup de chancelleries dans le passé. Actuellement, on le voit, il parle, tantôt il dit parler au nom du Cadre stratégique permanent (CSP) ; tantôt il parle au nom de la Plateforme ».
A en croire le Chargé de communication, cela est un comportement ridicule. Selon M. Haïdara, le CSP est un cadre composé uniquement par la CMA. « La Plateforme n’est pas membre du CSP. Et, Fahd n’a aucune légitimité pour parler au nom de la Plateforme… Cela est très clair. La communauté internationale, la médiation internationale, le chef de file de la médiation l’Algérie, l’État malien le savent. Fahd ne peut tromper personne…», a laissé entendre M. Haïdara. Avant de renchérir : « Le cadre inter-malien est une instance où siègent uniquement les membres du Comité de suivi de l’accord (CSA). Par contre au CSP, les membres du CSA n’y siègent pas. Fahd est le seul à siéger au CSA parmi les membres du CSP. Et nous, à la plateforme, on a sept membres qui siègent au CSA. Mais du côté majorité, il ne peut par représenter personne. Donc dire que tu quittes le cadre inter-malien alors que tu n’es pas membre, le CSP n’est pas membre du cadre inter-malien, c’est comme si tu veux tromper les gens et les induire à l’erreur… »
Quid des accusations sur le ministre ?
En répliquant sur les accusations de Fahd sur le ministre de la Réconciliation, M. Haïdara a été on peut plus clair : « En accusant le ministre de collaborer avec des narcotrafiquants, Fahd se fout des gens. Car, c’est lui qui traîne avec des trafiquants de drogue. Il ne faut pas qu’il trompe les gens. Le dernier rapport des Nations unies incrimine des collaborateurs à lui. C’est quelqu’un qui n’a aucune moralité en réalité. Au lieu de dire que le ministre collabore avec des trafiquants de drogue, il n’a qu’à nous dire comment il s’est fait la fortune qu’il a aujourd’hui. En 2014-2015, il n’avait rien. Il ne faut pas qu’il se foute des gens. En indiquant à la communauté internationale de ne pas recevoir aucun membre du CSP, le ministre Wagué n’a rien dit de grave. Il n’a pas dit de ne pas recevoir la CMA ou la Plateforme. Mais le CSP qui n’est pas une partie à l’Accord. Le ministre parle avec la loi. C’est la CMA qui est engagée avec l’État malien et non le CSP. Le ministre est dans ses droits. Il n’interdit pas la CMA de dire ce qu’il veut. Et la CMA aussi ne peut pas interdire au ministre de défendre son pays. Il fait son travail également… »
A en croire le patron de la communication de la Plateforme, on peut ne pas aimer les représentants de la CMA au CSA, mais ils sont irremplaçables parce que c’est leur droit tout comme les représentants du gouvernement. « Jusqu’à preuve du contraire, il y a quatre signataires qui ne sont pas embarqués dans cette affaire de CSP et qui ne sont pas contre le gouvernement malien. Il s’agit du Pr. Ahamed Ould Sidi Mohamed, Me Harouna Toureh, Mohamed Ousmane Ag Mouhamadoun, Younoussa Touré. En plus de ceux-là, il y a beaucoup de membres de la coordination du mouvement de l’inclusivité », a expliqué M. Haïdara. Avant de conclure : « Donc, cette histoire du CSP est tout simplement une escroquerie composé par des gens qui sont en train de s’humilier eux-mêmes ».
Tientigui
