Des transporteurs nigériens sanctionnés pour avoir refusé d’exécuter une opération d’approvisionnement en carburant destinée au Mali ont présenté jeudi des excuses publiques aux autorités de leur pays et pris l’engagement de respecter désormais les réquisitions de l’État.
La déclaration a été lue dans les locaux du ministère nigérien des Transports par Abidine Ali, en présence du ministre des Transports.
Dans leur message adressé aux autorités et au peuple nigérien, les transporteurs reconnaissent « publiquement et sans réserve » que leur attitude a constitué « une faute grave » envers l’État, ses institutions et l’intérêt supérieur de la nation.
Ils estiment avoir manqué à leur devoir de disponibilité et de discipline dans le cadre de l’opération de réquisition destinée à assurer l’acheminement de carburant vers le Mali.
Les signataires de la déclaration affirment avoir pris conscience de la portée de leurs actes et annoncent plusieurs engagements, notamment le respect strict des décisions des autorités compétentes, l’observation d’une discipline « irréprochable » et la défense de l’intérêt général au-dessus des considérations personnelles ou corporatistes.
Ils promettent également d’adopter une conduite professionnelle fondée sur la ponctualité, la disponibilité et le respect des obligations légales, tout en mettant en place des mécanismes internes de contrôle et de discipline au sein de leurs entreprises.
Les transporteurs indiquent vouloir collaborer davantage avec les services du ministère des Transports dans « un esprit de transparence, de respect et de responsabilité partagée ».
Cette prise de position intervient après les sanctions annoncées par les autorités nigériennes contre plusieurs acteurs du transport d’hydrocarbures.
Dans un arrêté signé le 14 janvier dernier par Abdourahamane Amadou, le gouvernement nigérien avait retiré à 14 transporteurs leur autorisation d’exercer dans le transport des hydrocarbures et suspendu les permis de conduire de 19 chauffeurs.
Le ministère reprochait aux personnes concernées leur refus de se conformer à une réquisition ordonnée le 28 octobre 2025 pour l’acheminement de carburant vers le Mali, qualifiant cette attitude d’« infraction grave » aux obligations légales et réglementaires.
Les autorités nigériennes n’avaient alors enregistré aucune réaction publique des transporteurs ou de leurs organisations professionnelles.
Kémoko Diabaté
