O4
septembre 2018- 04 septembre 2019, voilà jour pour jour un an que Ibrahim
Boubacar Keita a accédé à la magistrature suprême pour son second quinquennat.
Le bilan de ces premiers 12 mois est indéfendable ; il est négatif.
L’insécurité avec ses lots de morts, la grogne sociale paralysant plusieurs
secteurs, les scandales …sont entre autres les caractéristiques de ce
régime failli. Le projet de société d’IBK « Anw ka Maliba bé ka ta gné », « Notre
Grand Mali avance » devient un rêve. Non, AN KA MALIBA – TÊ KA TAGNÈ ! Le
Mali n’a pas avancé pendant cette première année ; s’il a avancé, c’est vers le
gouffre.
IBK a déjà passé un an de son second quinquennat
à la magistrature suprême du Mali. Nous sommes à l’heure du jugement du
bilan. Les soutiens du Président de la République, ceux qui ont
battu campagne en faveur du projet de société « Anw ka Maliba bé ka ta gné », «
Notre Grand Mali avance » pourront ils s’arrêter devant le peuple malien pour
défendre le bilan d’IBK pour cette année ? S’ils le font et qu’ils
jugent ce bilan satisfaisant, ils n’auront pas respecté la mémoire de
toutes ces victimes de l’insécurité au centre et partout au Mali ; ils
n’auront pas partagé la souffrance des femmes des cheminots ; ils ne se seront
pas souciés de l’avenir de ces milliers d’écoliers qui ont passé des mois
à la maison à cause de la grève des enseignants… Le temps passe, mais le bateau
d’IBK ne bouge pas. Les maux sont toujours là malgré les promesses grandioses
qu’il a faites pendant la campagne présidentielle passée. Dans presque
tous les secteurs, cette première année du second quinquennat d’IBK à la
magistrature suprême est négative. L’insécurité fait des ravages, la
grogne sociale en ébullition, les détournements à grandes échelles des
deniers publics, le mensonge d’Etat …voilà ce que les citoyens ont vécu au
cours de cette année.
L’insécurité
et ses lots de morts
La sécurisation des personnes et leurs biens
était l’une des grandes promesses d’IBK pendant la présidentielle passée. Mais
l’insécurité a atteint son seuil de paroxysme au cours de ces 12 derniers mois.
Le nord souffre, le centre sous la domination des terroristes et des conflits
intercommunautaires. Jamais le sang des populations civiles n’a autant été
versé. C’est sous le Mali d’IBK que les
populations du centre ont vu leurs parents ou enfants tués et brulés.
C’est sous le même IBK « Kankélentigui » que des villages ont été rayés de la
carte. De janvier 2019 à nos jours, des attaques à grandes échelles ont fait
des centaines de morts dans la région de Mopti. 36 civils sont morts lors de
l’attaque de Koulogon le 1er janvier 2019. 23 de nos braves militaires ont
perdu la vie le 17 mars à Dioura dans une attaque terroriste. L’attaque
d’Ogossagou dans le cercle de Bankass a fait 157 morts, selon l’ONU. Dans le
cercle de Bandiagara, commune de Sangha, plusieurs dizaines de
populations civiles sans assistance ont trouvé la mort lors d’une attaque
des bandits armés à Sobane Dah. C’était le 10 juin 2019. A Gangafani et Yoro,
des dizaines de civils ont été également tués. En dehors de ces assassinats à
grandes échelles, il se passe rarement des jours sans qu’il n’y ait d’attaques.
Des bétails sont quotidiennement volés en quantité dans la partie exondée de la
région de Mopti. Cette insécurité a contraint des centaines de familles à
abandonner leurs localités. Selon le rapport de l’Ocha Mali publié en mai 2019,
au 16 avril, les personnes déplacées internes dans la région de Mopti étaient
estimées à plus de 45 450 personnes.
La grogne
sociale
Des milliers de ces écoliers qui ont passé des
mois à la maison du fait de la grève des enseignants garderont, pendant
longtemps, un mauvais souvenir du président IBK. En effet, c’est sous le Mali de celui qui promet une éducation de qualité à
tous les enfants que la grève des enseignants a duré des mois. Après des mois
de grève, pour ne pas faire une année blanche, les écoliers ont eu une année
bâclée. Les Maliens se souviendront pendant longtemps de la grève des
magistrats.
L’enclavement
Le Mali a-t-il une bonne route nationale ?
Pas beaucoup ! Même si la ministre des Equipements continue son tapage
médiatique, nombreux sont les citoyens qui dénoncent l’enclavement de leur
localité. Les promesses creuses du président de la République tardent à se réaliser. Les usagers de la route
Kayes-Bamako exigent la réhabilitation de leur route ; Tombouctou réclame la
sienne ; les populations de Gao aussi réclament la réhabilitation de l’axe
Sevaré-Gao. Même à Bamako, les routes sont impraticables au 21ème siècle
et on est sous IBK.
Le
détournement des deniers publics
Sous IBK, les scandales ne font plus
honte. L’impunité encourage des enfants terribles de la République à
s’enrichir sur le dos du contribuable. En tout cas, 2019 a été, pour bon nombre
de citoyens, une année où ils ont découvert le vrai visage de son président
bourgeois, IBK. L’histoire des hélicoptères cloués au sol en témoigne de
la gravité du détournement des deniers publics. Des enquêtes semblent
être ouvertes, aux dires du Procureur de la République en charge du Pôle
économique, mais vont-ils aboutir sous IBK ? Le futur nous en dira plus. Sur la
question du détournement, Choguel Kokalla Maiga, président du MPR, a fait des
révélations croustillantes dans une interview accordée à une radio de
Gao. « La population découvre avec
stupéfaction pendant que le pays est en guerre, 1300
milliards de FCFA sont sortis des caisses de l’Etat pour la mise en œuvre de
la Loi d’Orientation et de programmation militaire, alors que la
situation sécuritaire se dégrade de jour en jour. Sur six (06) avions
commandés, O4 ont été réceptionnés et personne ne sait où est parti
l’argent destiné à l’achat des deux autres avions. Les 04 avions réceptionnés
ne sont pas non plus fonctionnels pour le combat. Les hélicoptères
achetés sont cloués au sol. Les militaires au front manquent de
munitions. Quand certaines localités sont attaquées, les militaires ne peuvent
intervenir en urgence par manque de carburant », a-t-il laissé entendre.
Le Mali
atteint dans sa dignité à Kidal
Les enfants gâtés de la République ont insulté la nation malienne à Kidal le 17 juillet dernier. Les Maliens ont été choqués de voir les séparatistes bruler le drapeau malien et s’attaquer aux signes de la République du Mali. Quel gâchis ! Eh oui, ce n’est pas sous ATT, chassé du pouvoir qu’on a vu cette scène, mais sous ce président qui a signé un Accord inapplicable avec les rebelles. Le gouvernement, comme toujours, s’est contenté d’un communiqué de condamnation.
Les maux sont nombreux. Les échecs d’IBK sont incomptables. Donc pour ce premier bilan annuel, en un an, on doit admettre que rien n’a changé positivement. « Notre grand Mali » n’a pas avancé.
Boureima Guindo
Source : LE PAYS
