Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyene, a reçu jeudi 8 octobre 2026 une délégation du Cadre de concertation des faîtières de la presse écrite privée et de l’Union des radios de proximité du Mali. Les échanges ont porté sur les difficultés judiciaires, économiques et professionnelles auxquelles le secteur des médias est confronté.
Conduite par Boubacar Yalkoué, président de l’Association des éditeurs de presse privée (ASSEP), la délégation a présenté plusieurs préoccupations, notamment la situation des journalistes incarcérés et les difficultés d’interprétation entre la loi relative au régime de la presse et la législation sur la cybercriminalité dans les procédures visant des journalistes.
Les représentants des médias ont également attiré l’attention du ministre sur la situation économique préoccupante des entreprises de presse. Ils ont plaidé pour l’exploration de nouvelles formes d’accompagnement, notamment l’aide indirecte, tout en soulevant les questions relatives à la carte de presse, aux textes en préparation et à l’autorégulation des médias.
La convention collective au centre des préoccupations
La convention collective a constitué un autre point important des échanges. Le Cadre de concertation a exprimé des réserves sur le processus engagé. En réponse, le ministre a défendu une démarche inclusive, fondée sur la participation de l’ensemble des acteurs concernés et la recherche d’un consensus.
L’objectif, selon les échanges rapportés, est de tenir compte des différentes sensibilités et préoccupations au sein de la presse afin de favoriser l’adhésion des professionnels au processus.
Concernant les journalistes incarcérés, Alhamdou Ag Ilyene a exprimé sa volonté de s’impliquer davantage dans le suivi de leur situation, par les voies administratives relevant de ses prérogatives. Il a toutefois appelé les acteurs à tenir compte du contexte actuel du pays.
Viabilité des médias et délivrance de la carte de presse
Sur le plan économique, le ministre a relevé l’insuffisance des moyens financiers et les difficultés d’encadrement des ressources humaines parmi les défis auxquels les entreprises de presse sont confrontées. Il a invité les organisations professionnelles à approfondir leur réflexion et à soumettre des propositions concrètes susceptibles de contribuer à la viabilité du secteur.
La question de la carte de presse a également été abordée. Le ministre a expliqué que le retard dans sa délivrance était notamment lié à la vérification des diplômes présentés par les demandeurs.
Enfin, la délégation a proposé la mise en place d’un cadre d’échanges régulier entre les pouvoirs publics et les organisations professionnelles des médias. Au terme de l’audience, le ministre a encouragé la poursuite du dialogue et de la concertation pour dégager des réponses adaptées aux difficultés de la presse malienne.
Kémoko Diabaté
