Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur, M. Mossa AG ATTAHER, a présidé le mercredi 24 juin 2026 l’ouverture d’un atelier technique consacré à l’opérationnalisation du Mécanisme National de Référencement (MNR). Avec l’appui de l’OIM et de ses partenaires, le Mali consolide son dispositif de protection face à la complexification croissante des flux migratoires.
Bamako s’est transformé en centre de réflexion sur la protection des migrants vulnérables le mercredi 24 juin 2026. Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, M. Mossa AG ATTAHER, a officiellement ouvert les travaux consacrés à la révision et à l’opérationnalisation du Mécanisme National de Référencement (MNR), en présence du Chef de mission de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), des représentants de plusieurs départements ministériels, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des acteurs de la société civile.
Cette initiative s’inscrit en droite ligne de la vision éclairée des plus hautes autorités maliennes, qui font de la protection des migrants et de la lutte contre la traite des personnes une priorité nationale. Le Mali, reconnu comme pays leader en Afrique de l’Ouest dans la mise en œuvre du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, entend renforcer son rôle de pionnier en matière de gouvernance migratoire. « Être un pays champion, c’est montrer l’exemple », avait d’ailleurs souligné le ministre Mossa AG ATTAHER lors du lancement des consultations nationales pour le rapport volontaire sur le Pacte mondial en mars 2026.
Un mécanisme opérationnel pour une coordination renforcée
Élaboré en 2021 avec l’appui technique de l’OIM et le soutien financier de l’Union européenne, le MNR constitue un cadre opérationnel essentiel. Il définit les procédures de coopération entre les autorités maliennes, les organisations internationales et la société civile pour détecter, identifier, orienter et prendre en charge les migrants vulnérables et les victimes de la traite des personnes. Ce système, qui fait du Mali un précurseur dans la sous-région, permet à chaque acteur de connaître précisément ses responsabilités et les canaux de référencement appropriés.
Les défis migratoires sont en effet considérables. Selon le rapport annuel 2024 du Comité National de Coordination de la Lutte contre la Traite des Personnes et les Pratiques Assimilées (CNCLTPPA), plus de 600 cas de traite ont été recensés, dont près de la moitié concernent des enfants. La traite des personnes, crime grave et violation des droits humains, « s’infiltre dans nos communautés et dans nos marchés mais aussi à travers nos frontières caractérisées par leur porosité », comme l’a souligné le ministre de la Justice.
Au-delà des centres urbains
Au cours de cet atelier, le ministre Mossa AG ATTAHER a plaidé pour un déploiement territorial du mécanisme, afin qu’il ne reste pas l’apanage des grands centres urbains. « Nous voulons que ce dispositif ne demeure l’apanage des grands centres urbains. Mais, il doit se déployer au plus près des populations, en synergie avec les collectivités territoriales et les services déconcentrés », a-t-il affirmé. Le gouvernement entend ainsi renforcer l’ancrage institutionnel du MNR et mieux l’articuler avec les politiques nationales de protection sociale, de santé publique et de développement communautaire.
Cette démarche s’inscrit dans un cadre plus large de réforme de la Politique nationale de migration (PONAM), dont la relecture est en cours avec l’appui d’experts internationaux. Le Mali, qui a également créé des instruments opérationnels clés comme la Brigade de répression du trafic des migrants et de la traite des êtres humains (BRTMTEH) et le Centre d’Information et de Gestion des Migrations (CIGEM), affirme sa volonté de bâtir une réponse globale, humaine et durable.
Issa Djiguiba
