Réunis à Bamako pour la troisième session du Comité de pilotage du Programme de protection, de retour et de réintégration des migrants en Afrique subsaharienne (MPRR-SSA), l’État malien et ses partenaires ont dressé le bilan de trois années de mise en œuvre. Au-delà des résultats enregistrés, les échanges ont mis l’accent sur la consolidation des dispositifs afin de faire du retour des migrants une étape vers une réintégration durable, en lien avec les réalités économiques et sociales du pays.
La troisième réunion du Comité de pilotage du MPRR-SSA s’est tenue jeudi 1er octobre 2026 à Bamako, sous la présidence du ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher. La rencontre a réuni notamment le chef de mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Mali, Dr Boubacar Seydou, l’ambassadeur, chef de la Délégation de l’Union européenne au Mali, Alberto Cérézo, ainsi que des représentants des partenaires techniques et financiers et de la société civile.
Cette session a permis de faire le point sur les résultats obtenus depuis le lancement du programme et d’examiner les perspectives de consolidation. En trois ans, le MPRR-SSA a contribué au retour de 1 518 migrants en transit au Mali et facilité le retour volontaire de plus de 27 800 migrants maliens. Le programme a également soutenu plus de 14 000 projets de réintégration économique, 10 000 formations professionnelles et près de 19 000 assistances psychosociales.
Pour le gouvernement malien, ces résultats témoignent de l’ampleur des actions engagées, mais leur portée doit également être appréciée dans la durée. Dans son intervention, le ministre Mossa Ag Attaher a ainsi appelé à accorder une attention particulière à la viabilité des activités soutenues, à l’adéquation des formations aux besoins des territoires et au suivi des bénéficiaires après leur retour.
Cette orientation traduit la volonté de faire du retour non pas une finalité, mais une étape d’un parcours global de reconstruction et de réintégration. Sous l’impulsion du Général d’armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, non moins, Champion de la Diaspora, cette approche met l’accent sur la protection des personnes, l’accompagnement social, la formation et l’insertion économique. Elle repose également sur une coordination plus étroite entre les services de l’État, les collectivités territoriales et les partenaires engagés aux côtés du Mali.
Le ministre a, dans cette perspective, insisté sur la nécessité d’une meilleure articulation entre le MPRR-SSA, la Politique nationale de migration et le Cadre national pour la réintégration des migrants. L’objectif est notamment de renforcer les capacités des structures d’accueil et de mieux relier l’orientation des personnes, les services sociaux, la formation professionnelle et les débouchés économiques, afin que les différents appuis proposés s’inscrivent dans un parcours cohérent.
Les travaux de Bamako doivent ainsi permettre de dégager des recommandations concrètes sur la viabilité des initiatives soutenues, le suivi des bénéficiaires et la coordination entre les différents acteurs. Pour l’État malien et ses partenaires, la prochaine étape consiste à consolider les acquis du MPRR-SSA et à renforcer les mécanismes permettant aux personnes de retour de retrouver durablement leur place dans la vie économique et sociale de leurs communautés.
Issa Djiguiba
