Le retrait du Mali de la Cour pénale internationale (CPI) franchit une nouvelle étape. Dans une notification officielle, le Secrétaire général des Nations unies, dépositaire du Statut de Rome, confirme avoir reçu le 24 juin 2026 la notification de retrait transmise par les autorités maliennes. Conformément aux dispositions du traité, cette décision prendra effet le 24 juin 2027.
Dans sa notification, le gouvernement malien rappelle avoir adhéré au Statut de Rome en août 2000 afin de contribuer à la lutte contre l’impunité. Il estime cependant qu’au fil des années, la Cour pénale internationale s’est éloignée de sa vocation initiale, dénonçant « une instrumentalisation de la justice pénale internationale à des fins politiques ».
Cette position s’inscrit dans la dynamique engagée par les trois États de la Confédération des États du Sahel (AES). Après le Niger et le Burkina Faso, le Mali poursuit ainsi son processus de retrait de la juridiction internationale basée à La Haye.
En réaction, la Présidence de l’Assemblée des États parties au Statut de Rome a exprimé sa préoccupation face aux décisions des trois pays sahéliens. Dans un communiqué publié le 1er juillet, elle regrette ces retraits, estimant qu’ils pourraient compromettre les efforts collectifs visant à lutter contre l’impunité pour les crimes les plus graves.
L’Assemblée invite le Burkina Faso, le Mali et le Niger à maintenir le dialogue et rappelle que le retrait ne dispense pas un État de ses obligations concernant les faits survenus durant la période où il était parti au Statut de Rome.
Le retrait du Mali ne deviendra donc juridiquement effectif qu’en juin 2027. Jusqu’à cette date, le pays demeure lié par les dispositions du Statut de Rome et reste soumis aux obligations découlant de son adhésion.
Kémoko Diabaté
