Dans le secteur minier, plusieurs organisations syndicales ont déposé des préavis de grève pour annoncer l’arrêt des travaux à partir du 28 de ce mois. Les documents (préavis) ont été, le 10 septembre dernier, déposés notamment par les comités syndicaux des mines de Gounkoto SA, FEA LOULO, SOMILO-SA, GOUNKOTO-SA, CORICA Mining Services (BABOTO).
Le Mali risque d’assister, dans les prochains jours, à la perturbation des travaux miniers. Une série de grèves de 120 heures (cinq jours) est en gestation. L’arrêt des travaux est prévu du 28 septembre au vendredi 2 octobre 2026. Comme mentionné, les organisations syndicales mettent en avant la violation de certains engagements pris par leurs structures. À cela s’ajoutent la mauvaise volonté et la négligence desdites structures dans la gestion des préoccupations des travailleurs. Aussi, ces syndicats dénoncent le non-respect des textes en vigueur, notamment le Code du travail, les conventions de l’OIT ratifiées par le Mali, deux avis de la Direction Nationale du Travail (DNT) et l’accord d’établissement de la FEA. Ils déplorent la baisse du paiement des heures supplémentaires, exigent leur rétablissement au taux normal de 180 % conformément à l’avis de la DNT, avec un rappel de 130 % depuis décembre 2024. Ce n’est pas tout. Au nom des travailleurs, les syndicats réclament le rappel des frais de mission impayés depuis septembre 2025 ; la fourniture immédiate de moustiquaires imprégnées pour 2026 ; la commande de motos pour les employés ayant achevé les remboursements ; la révision de la grille salariale de 15 % ; l’amélioration des conditions de vie des travailleurs ; l’accord d’une ration alimentaire saine et suffisante aux travailleurs en incluant de l’eau potable ; le paiement transparent des primes de production, poussière et de salissure. À ces revendications s’ajoutent la régularisation de la couverture AMO ; l’inscription de tous les travailleurs à l’INPS ; l’allocation mensuelle de kits alimentaires (50 kg de riz, 50 kg de sucre, 25 kg de lait et 20 litres d’huile) ; la mise à disposition de locaux de repos et de toilettes adéquates et de matériel en bon état… Aussi, les organisations syndicales demandent le paiement de 400 000 FCFA par an et par travailleur pour les frais scolaires des enfants, la facilitation de l’octroi de prêts bancaires via des domiciliations, le paiement des salaires au plus tard le 30 de chaque mois.
Des mouvements de grève liés à l’inaction des employeurs
Selon les comités syndicaux, ces différentes revendications ne sont pas nouvelles. Elles avaient été, par le passé, soumises aux responsables qui n’auraient pas satisfait aux préoccupations des employés. Ainsi, ces préavis de grève annoncés au niveau de FEA Loulo-Gounkoto auraient pu être évités si la Direction avait fait preuve de bonne foi, ou si elle avait respecté les engagements qu’elle avait elle-même pris, ont estimé les syndicats. Ils soulignent que les cinq (5) points inscrits dans le préavis ne constituent pas de nouvelles revendications. Se disant ouverts au dialogue, les syndicats invitent leur Direction à prendre toutes les dispositions nécessaires pour le respect des engagements et trouver une solution afin d’éviter cette grève.
Diarra Mamadou
