Lors de la Réunion de Haut Niveau consacrée à la nouvelle stratégie du Togo pour le Sahel, Bassolma Bazié, p Président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (CN-CES), a livré une intervention marquée par un plaidoyer en faveur de la souveraineté des États membres de l’AES.
Prenant la parole au nom de la délégation, il a salué le rôle du Togo dans le contexte régional, rappelant que « malgré nos difficultés, le Togo n’a jamais fermé ses frontières à ses frères ». Il a également évoqué les fondements historiques et culturels de la solidarité africaine, en référence à la Charte de Kurukanfuga, soulignant que « ne jamais trahir ses frères africains » demeure un principe essentiel.
Dans son intervention, Bassolma Bazié a insisté sur la vision portée par les pays de l’AES, affirmant que « le combat au Sahel n’est pas une aumône de souveraineté, mais une conquête de celle-ci ». Il a mis en avant les actions entreprises au Burkina Faso ces dernières années, notamment dans les domaines sanitaire, agricole et sécuritaire.
Abordant la question de la gouvernance, il a déclaré : « Nous n’avons jamais rejeté la démocratie, mais refusons la version libérale imposée », dénonçant ce qu’il qualifie de « deux poids, deux mesures » dans l’appréciation des transitions politiques africaines.
Le responsable de la CN-CES a également critiqué certains rapports internationaux sur les droits humains, estimant qu’ils reposent sur des bases insuffisamment vérifiées. « Les rapports (…) sont biaisés », a-t-il affirmé, tout en appelant à une lecture plus contextualisée des réalités sécuritaires dans la région.
Il a également réaffirmé les priorités stratégiques de l’AES, évoquant la volonté de « conquérir » une souveraineté politique, économique, sécuritaire et culturelle. « Nous sommes prêts à perdre la vie pour cela », a-t-il déclaré.
Cette prise de position s’inscrit dans un contexte de recomposition des alliances régionales et de redéfinition des approches sécuritaires et politiques au Sahel.
Kémoko Diabaté
