On savait la France frustrée par le retrait du Mali vis-à-vis d’elle pour mettre son dévolu sur la Russie en matière de coopération sécuritaire. Malgré le fait accompli, il semble bien que l’hexagone ne veuille point lâcher prise et semble vouloir s’incruster malgré tout. C’est cette impression qui ressort de la dernière déclaration de Florence Parly, la ministre de la défense.
«Laisser le Mali entre les mains des russes, c’est faire un cadeau à la Russie», a déclaré la ministre française. Comme si le Mali était un objet sans volonté qu’il ne fallait point laisser à l’ennemi Russie. Et pour lequel on était prêt à lutter pour le conserver. Sans tenir compte de l’avis du concerné.
En vérité, Florence Parly a péché dans la parole, car le Mali, loin d’être un objet, est un état souverain libre du choix de ses partenaires dans le monde.
Et la déclaration du ministre français montre tout le mépris que son pays nourrit pour ses ex-colonies en général et pour notre pays en particulier. Des ex-colonies qui, dans l’imagerie française, ne sont que des territoires conquis, des vaches à lait à mettre dans son escarcelle et qui doivent toujours y rester jusqu’à la fin des temps.
Pour cette déclaration, la France montre aussi qu’elle a des intérêts dans lesdits pays, car on ne peut s’attacher à quelque chose qui ne vous rapporte rien. Et d’ailleurs, un dirigeant passé a dit que la France n’a pas d’amis mais seulement des intérêts à défendre (sic).
Enfin, que la France sache que le Mali indépendant n’a de compte à rendre à qui que ce soit et qu’il entend assumer toutes ses responsabilités. Qu’il ira dans la direction où le vent l’emmène. Et que personne ne peut le posséder de force.
On a raison de dire que la parole n’est point aisée et qu’il faut remuer sept fois la langue dans la bouche avant de parler. Et Florence Parly a sûrement trébuché sous le voile d’une prétendue coopération séculaire datant de l’après colonisation. Car on ne doit (et ne peut) forcer un ex-partenaire à demeurer dans son giron alors que ce dernier demande le divorce.
Cela ressemble étrangement à une dictature qui ne dit pas son nom. Et que la France sache que désormais, le Mali est un cadeau empoisonné pour elle.
Ben Diakité Ladji de Balzac
