Le Mali vit sous un régime militaire depuis le renversement de l’ancien président Ibrahim Aboubacar Keita (IBK), le 18 Aout 2020. Un changement de leadership diversement apprécié par la population surtout que les militaires ont actuellement besoin du soutien du peuple pour faire face à la pression de la communauté internationale. Faso Mali a tendu son micro à travers le Mali pour recueillir certaines impressions. Voici ce que pensent nos interlocuteurs.
Hervé l’Argentin Somboro Poète et enseignant résidant à Bandiagara
Je ne suis pas trop bavard sur les sujets militaires. Cependant, depuis le début de la transition, je me suis fait bon observateur. Après une analyse sans trop de détours, je peux affirmer que les autorités de la transition sont en train de faire un travail remarquable qui ne serait que formidable dans cet élan en bravant les multiples obstacles.
La dotation de nos FAMa en matériels en dit beaucoup sur le sujet. Le renforcement des capacités de nos éléments par des forces spéciales est une réalité qui porte déjà ces fruits. Le redéploiement des forces armées sur nos bases militaires du Nord est l’une des preuves concrètes de l’engagement de nos autorités pour assurer la sécurité et l’autonomie de notre État. Au centre, la présence des militaires est une réalité qui redonne espoir à cette population qui se sentait abandonner depuis des années. Le divorce avec une force étrangère dont l’absence est plus applaudie que la présence et la coopération avec autres forces plus aguerries est un ouf de soulagement qui semblait être une utopie pour certains.
Même s’il n’est pas encore temps de leur jeter des fleurs, il faut tout de même admettre qu’ils ont cette volonté de changer les choses et pour cela, ils méritent nos vifs encouragements. Cet élan doit être soutenu par tous car, c’est unie avec la population que l’armée est plus forte. Je ne saurais terminer sans prier pour le repos de nos soldats qui ne cessent de tomber dans les champs et dans des conditions tragiques pour sauver l’honneur de notre mère patrie le Mali. Que ce nouvel an soit celui de la réussite de notre vaillante armée.
Qu’Allah bénisse le Mali
Mamadou Diarra citoyen résident à Bamako
Pour ma part, les forces de défense et de sécurité ont aujourd’hui les postes stratégiques du pays pour ne pas dire la magistrature suprême. Fort de cela, le changement dans l’action est bien visible. La défense coûte que coûte de la patrie étant le créneau initial, il va de soi que cela soit nécessairement renforcée. C’est à dire que les FAMa fassent tout leur possible pour obtenir du résultat sur les multiples fronts y compris notamment celui du terrorisme. Aujourd’hui, les forces de défense et de sécurité ont une certaine notoriété que même les partis politiques n’ont pas. Elles sont en quelque sorte une panacée de lumière pour le peuple malien. Aussi, elles doivent profiter de cette transition pour renforcer leurs capacités. Je suis personnellement persuadé que le changement est en cours dans tous les secteurs, mais le secteur de l’armée doit être en première ligne.
Sékou Salla Togo, infirmier et Directeur Technique du Centre (DTC) à Kani Bozon (cercle de Bankass)
Tout ce que je peux dire, c’est que je soutiens cette transition. Les maliens sont fatigués par la mauvaise gouvernance des autorités politiques qui ont asphyxié, voire, tué le Mali. Je lance un appel aux autorités de la transition leur exhorter de continuer, de ne pas écouter des réservistes politiciens et opportunistes qui ne songent qu’à leur propre intérêt plutôt que l’intérêt général des Maliens. Je leur demande particulièrement de s’engager dans la lutte contre la corruption, la délinquance, l’impunité, le détournement de biens publics ainsi que l’absentéisme. De mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, juste pour éviter la démobilisation. Bravo, bravo à nos forces de sécurité qui sont en train de monter en puissance grâce à la transition.
Que Dieu bénisse le Mali.
Albakaye Cissé, habitant de Tombouctou
Je crois bien que c’est le devoir de tous les maliens de se mettre derrière notre armée nationale. Il est aujourd’hui grand temps que les FAMa prennent les choses en main pour que le pays puisse redorer son blason. Notre armée regorge plusieurs potentiels qui, sans doute, peuvent mettre le pays dans une constante stabilité sécuritaire. Soutenir l’armée c’est favoriser la sécurité, la stabilité et bien-sûr, garantir la paix. Aujourd’hui, on n’a pas besoin des armées étrangères pour nous sortir de cette mauvaise passe que nous traversons. Car, seuls l’engagement de nos hommes de rang et la collaboration sans précédent des populations peuvent faciliter la sécurité des populations et de leurs biens.
Propos recueillis par Tioumbè Adeline Tolofoudié


