Dans le cadre des préparatifs du premier Forum Panafricain des Médias prévu du 3 au 6 mai 2026 à Bamako, la rédaction du journal « Le pays » a approché M. Salif Sanogo, président de la commission d’organisation afin de savoir plus sur ce grand rendez-vous des professionnels des médias et de communication d’Afrique.
Lisez l’entretien :
Le Pays : Bamako accueille du 3 au 6 mai prochain, la première édition du forum panafricain des médias FOPAME-2026. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce rendez-vous ambitieux de portée internationale ?
Salif Sanogo : Comme vous l’avez dit, nous organisons la première édition du Forum Panafricain des Médias dans notre capitale. Cela doit certainement vous faire penser au « Festival ondes de liberté » que notre capitale a accueilli durant de longues années et qui était devenu un rendez-vous incontournable des femmes et hommes de médias du continent et même d’ailleurs.
Mais je pense qu’à travers votre question vous vous demandez pourquoi ce Forum et en ce moment précis ? Pour des raisons très simples. Le thème déjà du FOPAME est assez révélateur « Unir les voix, renforcer les liens entre les médias d’Afrique ». Comme vous pouvez le remarquer, nous sommes aujourd’hui dans ce qu’on pourrait qualifier de bataille du narratif. Il y a des médias aux moyens colossaux qui inondent nos pays avec des informations pas forcément dépourvues d’arrière-pensées. Et avec la viralité des réseaux sociaux, nous sommes aussi confrontés à une floraison de désinformation, de deepfakes et d’une sorte de guerre cognitive qui ne dit pas son nom.
Les médias africains doivent dès lors créer des synergies d’action, aller vers des bases de journalisme collaboratif afin de tisser une toile d’information destinée non seulement à nos opinions, mais aussi à l’opinion internationale. Du 3 au 6 mai, nous aurons 3 panels de haut niveau et 3 tables rondes avec des experts reconnus pour débattre de sujets brulants de l’heure afin de dégager des pistes de solution et de collaboration.
Le pays : justement, l’événement se veut un cadre stratégique de dialogue entre les professionnels des médias au Mali et d’ailleurs avec des panels et des tables rondes de haut niveau. Quelles sont vos attentes à la fin de cette rencontre ?
Salif Sanogo : Nous plaçons de grandes attentes en ce forum qui sera marqué par un acte fort que nous avons dénommé « La déclaration de Bamako ». D’ores et déjà, je peux vous dire que nous attendons des délégués venant de pas moins de 25 pays africains, soit la moitié des pays du continent. Nous avons même quelques participants venant de Haïti et de la Palestine. C’est pour vous dire l’engouement autour de cette rencontre.
Au Mali, c’est pratiquement l’ensemble du secteur médiatique qui est mobilisé. Dans un paysage où l’information circule à flux tendus, entre réseaux sociaux, désinformation et enjeux de souveraineté, les médias du continent font aujourd’hui face à des questions existentielles.
La bataille des récits façonne les opinions, influence les relations internationales et impacte directement la stabilité de nos sociétés. Face à cela, il est temps que nos médias puissent unir leurs forces, partager leurs expériences et tisser une coopération solide pour porter une information professionnelle, responsable et ancrée dans nos réalités.
Le pays : Au-delà des professionnels des médias, on voit qu’une place de choix est également réservée aux professionnels de la communication. Quelle serait leur participation ?
Salif Sanogo : Il faut juste comprendre par-là que nous sommes dans une démarche de complémentarité. Chacun a son rôle et son importance. L’entrée fulgurante du web dans le monde de l’information, du journalisme et de la communication implique une complémentarité entre des acteurs amenés à performer avec des sources communes : les journalistes tentent de s’adapter aux formats de la communication digitale et les marques apprennent à devenir des médias à part entière pour créer une communauté.
Pour reprendre l’expression de certains chercheurs, journalistes et communicants peuvent paraitre comme des « associés-rivaux », mais ils sont intimement complémentaires. Et c’est cette complémentarité que nous souhaitons mettre en exergue.
Le pays : Quel appel avez-vous à lancer aux professionnels des médias et de la communication à l’occasion de ce grand rendez-vous ?
Salif Sanogo : Qu’on soit tous mobilisés et que toute une chacune et tout un chacun puisse s’approprier le FOPAME. Que de par notre unité d’action, que nous puissions faire de ce coup d’essai, non pas un coup de maitre, mais un vrai bond en avant dans la mutualisation de notre travail de collecte, de traitement et de diffusion de l’information nous concernant.
Le pays : Un dernier mot si vous en avez ?
Salif Sanogo : Juste vous remercier pour l’opportunité offerte de nous exprimer et compter sur l’accompagnement de tout le monde. D’ores et déjà, nous pouvons dire un grand merci au Gouvernement du Mali pour l’oreille attentive et son accompagnement, aux partenaires qui ont cru en nous et surtout à l’ensemble de la presse malienne qui fait un travail exceptionnel pour la réussite de ce forum. Je n’oublierais pas les membres de la commission d’organisation et toute l’équipe de la Maison de la Presse avec son président qui font un travail remarquable.
Réalisé par Issa Djiguiba et B.Y
