La brouille entre et la Mauritanie est loin être finie. Mais la diplomatie tente de dissimuler un froid qui a conduit à la fermeture de près de 300 boutiques mauritaniennes à Bamako, après l’expulsion forcée de migrants maliens.
A l’occasion de la fête de l’Indépendance du Mali, célébrée le 22 septembre, le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a adressé un message de félicitations à son homologue, le colonel Assimi Goïta, Président de la Transition.
Dans ce courrier officiel, le chef de l’État mauritanien a salué le peuple malien et exprimé ses « chaleureux vœux de progrès et de prospérité ». Il a également réaffirmé la volonté de Nouakchott de renforcer les relations de coopération et de fraternité entre les deux nations voisines.
Si le geste symbolique illustre la volonté affichée de maintenir un dialogue apaisé, les relations entre Bamako et Nouakchott traversent pourtant une période délicate. Ces derniers mois, plusieurs dossiers sensibles ont exacerbé les tensions bilatérales : des accusations russes affirmant que des armes ukrainiennes transitaient par la Mauritanie vers le Mali, l’expulsion de centaines de ressortissants maliens du territoire mauritanien, ainsi que la fermeture de plus de 300 commerces appartenant à des Mauritaniens au Mali.
Malgré ces épisodes tendus, la Mauritanie et le Mali partagent une histoire et des intérêts communs qui rendent incontournable la préservation du dialogue. La stabilité sécuritaire dans la région sahélienne, les échanges commerciaux transfrontaliers et les liens sociaux entre les populations imposent une coopération durable.
Le message du président Ghazouani, s’il s’inscrit dans la tradition diplomatique des félicitations officielles, apparaît aussi comme un appel à dépasser les frictions actuelles. Reste à savoir si Bamako et Nouakchott parviendront, dans les mois à venir, à rétablir une relation de confiance mutuelle au service de leurs peuples respectifs.
S. Diarra
