Le Programme alimentaire mondial (PAM) alerte sur une menace sans précédent : le conflit opposant l’Iran à Israël et aux Etats-unis pourrait plonger 45 millions de personnes supplémentaires dans l’insécurité alimentaire aiguë d’ici à juin 2026.
Si les hostilités persistent et que le baril de pétrole se maintient au-dessus de 100 dollars, le nombre total de personnes souffrant de la faim dans le monde atteindrait un record historique, dépassant les sommets de la crise ukrainienne de 2022.
Le danger provient de la position stratégique de la région. La fermeture de facto du détroit d’Ormuz par Téhéran et les tensions en mer Rouge paralysent le transit d’un cinquième des hydrocarbures mondiaux.
Cette situation provoque une flambée brutale des prix de l’énergie et des engrais, impactant directement l’agriculture mondiale.
Des pays comme la Somalie, le Kenya ou le Soudan (qui importe 80 % de son blé) sont en première ligne. Les projections prévoient une hausse de la faim de 24 % en Asie et de plus de 20 % en Afrique.
Cette crise frappe alors que l’aide humanitaire est déjà affaiblie. Le PAM voit ses propres coûts de transport bondir de 18 %, l’obligeant à réduire drastiquement ses interventions. Au Soudan, les rations alimentaires sont amputées, tandis qu’en Afghanistan, l’agence ne peut désormais prendre en charge qu’un enfant malnutri sur quatre.
Sans une fin rapide du conflit, les chaînes d’approvisionnement mondiales risquent une rupture plus grave que celle connue durant la pandémie de Covid-19.
Le monde fonce ainsi vers un record de famine historique. Alors que l’aide humanitaire s’effondre : faute de moyens.
Bagna Maïga/KD, avec AFP
