La Confédération des États du Sahel (AES) a vivement réagi jeudi à une résolution du Parlement européen portant datée du 12 mars dernier sur la situation de l’ancien président du Niger, Mohamed Bazoum.
Dans un communiqué publié le 19 mars, l’organisation régionale dénonce une « ingérence grave » dans les affaires internes d’un État souverain.
Une réaction ferme face à la résolution européenne
L’AES exprime sa « vive indignation » après l’adoption, le 12 mars, d’un texte du Parlement européen évoquant la détention de Mohamed Bazoum.
Selon l’organisation, cette initiative constitue une prise de position inacceptable dans un dossier relevant de la souveraineté nationale du Niger. Elle estime que cette démarche ne tient pas compte du contexte politique et sécuritaire propre aux pays du Sahel.
Une dénonciation d’un traitement jugé « sélectif »
Dans son communiqué, l’AES critique également ce qu’elle qualifie de « sélectivité » dans l’analyse des situations internationales.
Elle reproche notamment au Parlement européen de ne pas accorder la même attention à la crise sécuritaire qui affecte la région depuis plusieurs années, marquée par des attaques contre des populations civiles.
« Sous le couvert d’une prétendue humanité, le Parlement européen a choisi la sélectivité », souligne le texte, évoquant un « silence assourdissant » sur d’autres violations.
Des accusations d’arrière-pensées politiques
L’organisation va plus loin en estimant que cette résolution traduit des « intentions réelles » liées à des intérêts économiques et géostratégiques.
Elle dénonce l’influence d’acteurs qu’elle qualifie de « paternalistes » et « nostalgiques d’un passé colonial révolu », accusés d’orienter les décisions au sein des institutions européennes.
L’AES rejette toute « leçon de gouvernance »
La Confédération des États du Sahel affirme clairement qu’elle n’entend pas recevoir d’injonctions extérieures.
« L’AES n’a ni d’injonctions, ni de leçons de gouvernance à recevoir », insiste le communiqué, invitant les partenaires européens à se concentrer sur leurs propres défis internes.
Une position assumée et maintenue
Enfin, l’organisation assure que cette résolution n’aura aucun impact sur sa trajectoire politique.
Elle estime que le texte européen est « en déphasage » avec la dynamique actuelle engagée par les pays membres de l’AES et affirme sa volonté de poursuivre son agenda sans influence extérieure.
Le communiqué est signé par Ibrahim Traoré, président en exercice de la Confédération AES.
Kémoko Diabaté
