Plus de 60% des patients souffrant d’insuffisance rénale chronique au Mali ont entre 20 et 40 ans. Ce chiffre, présenté mercredi 22 juillet 2026 lors d’une audience entre la Société de Néphrologie du Mali et la ministre de la Santé et du Développement social, le Médecin Colonel-major Assa Badiallo Touré, résume à lui seul l’ampleur d’un défi de santé publique qui frappe le pays en plein cœur de sa force vive.
La délégation de la SONEMA, conduite par son président, a été reçue au ministère pour des échanges approfondis sur l’état des thérapies de suppléance rénale au Mali, les obstacles à la prise en charge des patients et les voies de renforcement de la lutte contre les maladies rénales. Une audience saluée par les spécialistes, qui ont rendu hommage au leadership du ministre, estimant que son engagement a largement contribué à faire de la dialyse une réalité tangible dans le pays.
Plusieurs préoccupations concrètes ont été soumises à la ministre. En premier lieu, la nécessité de disposer d’un référentiel national encadrant l’ouverture et le fonctionnement des centres de dialyse, dont la multiplication non régulée expose les patients à des risques de qualité inégale. En deuxième lieu, le développement de la dialyse péritonéale, une technique moins invasive et particulièrement adaptée à certains cas aigus, notamment chez les enfants et les adultes en situation précaire. En troisième lieu, l’accélération du projet de transplantation rénale au Mali, qui permettrait d’offrir aux patients une alternative durable à une dialyse chronique coûteuse et contraignante.
« Plus de 60% des patients souffrant d’insuffisance rénale chronique sont des jeunes de 20 à 40 ans, faisant de cette affection un véritable défi de santé publique aux conséquences sanitaires, sociales et économiques importantes », a précisé la Délégation de la Société de Néphrologie du Mali
Le tableau épidémiologique présenté est préoccupant. L’insuffisance rénale chronique, longtemps perçue comme une maladie de personnes âgées, frappe désormais massivement une population jeune et active, avec des conséquences lourdes sur les plans sanitaire, économique et social. Une réalité qui rend la prévention d’autant plus urgente, le dépistage précoce d’autant plus indispensable.
Le Médecin Colonel-major Assa Badiallo Touré a répondu favorablement à l’ensemble des préoccupations soulevées, réaffirmant la disponibilité de son département à accompagner toutes les initiatives visant à améliorer la prise en charge des malades. Elle a instruit le renforcement des mécanismes liés à la dialyse, à la prévention, à l’information et à la sensibilisation des populations, à la collecte de statistiques fiables et au suivi des patients. Elle a également insisté sur la nécessité de fédérer les interventions des différents acteurs autour d’une stratégie nationale cohérente, invitant la SONEMA à jouer pleinement son rôle dans les domaines de la prévention et du dépistage précoce.
Kémoko Diabaté

