Après des mois d’attente depuis les attaques complexes du 17 septembre 2024 qui avaient immobilisé l’appareil présidentiel malien, la République du Mali se dote d’un nouvel avion de commandement. Le Boeing 737 modernisé a été présenté officiellement lors d’une visite guidée conduite par le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousseni Sanou, en compagnie du secrétaire général de la Présidence, Fousseyni Diawara, et du coordinateur du Groupement Aérien de la Présidence, le Colonel-major Lassana Togola.
Le secrétaire général de la Présidence a rappelé le contexte de cette acquisition. Les attaques du 17 septembre 2024 avaient causé des dommages structurels et mécaniques graves à l’ancien appareil présidentiel, dont les inspections ont révélé des failles au niveau de la structure et d’un des moteurs. Quinze mois de contraintes géopolitiques et de difficultés liées à l’acquisition d’aéronefs ont été nécessaires avant de pouvoir présenter ce nouvel outil de commandement.
Une précision technique de taille apportée par le Colonel-major Togola : il ne s’agit pas d’un appareil entièrement nouveau, mais bien du Boeing 737 original, celui-là même qui avait été la cible de l’attaque de septembre 2024, intégralement rénové et modernisé. Une grande partie des panneaux supérieurs a été remplacée et l’intérieur de la cabine entièrement refait. Sur le plan des performances, l’appareil affiche une autonomie d’environ 11 500 kilomètres, soit près de 14 heures de vol, permettant des liaisons directes vers des capitales aussi éloignées que Moscou, avec un simple arrêt technique pour rejoindre Pékin. Sa vitesse de croisière atteint 950 km/h et son altitude de croisière est de l’ordre de 41 000 pieds, soit environ 12 300 mètres. L’avionique a été entièrement rénovée.
« En 15 mois, on a mesuré les coûts engendrés par les déplacements des délégations d’État. L’acquisition de cet aéronef est plus économique pour nous au vu des dépenses constatées pendant cette période d’indisponibilité. »
— Alousseni Sanou, ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances
Le volet financier de l’opération a été présenté par le ministre Sanou comme particulièrement avantageux pour le Trésor public. L’appareil a coûté 15,6 milliards de francs CFA, une somme déjà partiellement compensée par deux sources : l’assurance, qui a versé 6 milliards de FCFA au titre des dommages causés par les attaques terroristes, et la valorisation des pièces de rechange et accessoires de l’ancien appareil, estimée entre 3 et 4 milliards de FCFA. Au total, les économies dégagées atteignent entre 9 et 10 milliards, ramenant le décaissement net du Trésor à seulement 5,6 à 6 milliards de FCFA. Une comparaison qui prend tout son sens face aux coûts cumulés des déplacements officiels sur des avions de ligne pendant quinze mois, et rapportée aux 20 milliards qu’avait coûté l’ancien appareil.
L’appareil offre un niveau de confort comparable à l’ancien, voire supérieur, avec notamment une cuisine et une chambre VIP à bord.
Kémoko Diabaté
