La mort de Mme Fatoumata Haïdara, bénévole affectée au poste des Eaux et Forêts de Dioïla, a provoqué une onde de choc au sein du corps forestier malien. Le Syndicat National de la Production des Eaux et Forêts a réagi vendredi 12 septembre par un communiqué appelant à la vérité sur les circonstances de ce décès et à des mesures immédiates pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise.
Ce qui rend la situation particulièrement préoccupante, c’est l’existence, selon le syndicat, d’un document qui aurait dû empêcher ce drame. Le 14 mai 2025, le Directeur général des Eaux et Forêts, Amadou Diallo, Chevalier de l’Ordre national, aurait adressé une note de service à l’ensemble des directeurs régionaux — note N°0172/MEADD-DGEF — leur intimant de mettre fin à l’utilisation de personnes non habilitées pour accomplir les missions dévolues aux agents forestiers de l’État. La note précisait explicitement que toute inobservation de cette mesure exposerait le responsable du service concerné à des suites.
Selon le communiqué, malgré cette injonction, Mme Fatoumata Haïdara se trouvait, plus d’un an après, affectée à ce poste en qualité de bénévole. Et elle y a perdu la vie.
Le SYNAPRO ne se contente pas de dénoncer. Il formule cinq demandes précises : l’ouverture d’une enquête administrative et judiciaire pour déterminer les circonstances exactes du décès, l’identification des responsabilités liées à la présence de la victime à ce poste, la stricte application de la note du 14 mai 2025, la protection effective des agents régulièrement habilités et la communication des conclusions à la famille et aux organisations syndicales.
Kémoko Diabaté
