Le Mali était bien présent au Forum de la Diaspora nigérienne 2026. Devant les autorités nationales, les partenaires techniques et financiers et les représentants des communautés expatriées, le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher a partagé l’expérience de son pays dans la mobilisation de la diaspora comme véritable moteur de développement.
Pour le Mali « la diaspora n’est pas une population qui vit à l’étranger. Elle est une partie intégrante de la Nation… un partenaire indispensable de notre souveraineté ».
C’est pourquoi, le gouvernement à travers le ministère des Maliens établis à l’extérieur et de l’intégration africaine a placé la Diaspora au cœur de sa politique de développement national. À l’occasion du Forum de la Diaspora nigérienne 2026, le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher a exposé les fondements de cette politique instruit par les plus hautes autorités de la transition.
Tout d’abord, le ministre a invité à dépasser la perception traditionnelle réduisant les atouts de la migration aux transferts de fonds. « La première richesse de notre diaspora, ce n’est pas son argent. Sa première richesse, ce sont ses femmes et ses hommes », a-t-il affirmé, tout en rappelant que les compétences, les expériences professionnelles, les réseaux internationaux et les capacités d’innovation acquis à l’étranger représentent un capital humain stratégique.
Il soutient qu’un ingénieur malien en intelligence artificielle au Canada, un médecin spécialiste en France, un entrepreneur aux États-Unis ou un chercheur au Japon ne rompent pas leurs liens avec leur pays d’origine. « Il devient un ambassadeur économique de notre nation. Il acquiert des compétences que notre pays pourra mobiliser. Il construit des réseaux. Il ouvre des portes ».
Afin de répondre aux nombreuses difficultés exprimées par des investisseurs potentiels (manque d’informations, lourdeurs administratives ou insuffisance de l’accompagnement), le Mali a dû réorienter sa politique en faveur de la Diaspora. Cette nouvelle orientation s’est traduite, selon lui, par la mise en place de plusieurs dispositifs destinés à favoriser l’investissement productif des Maliens de l’extérieur. Le Forum international de la diaspora (FID), les Diaspora Impact Days, le Club des 100 Investisseurs de la Diaspora ou encore le Guide d’investissement productif de la diaspora malienne constituent désormais les principaux outils de cette stratégie. Des initiatives qui visent, selon lui, toutes, à rapprocher les investisseurs, les institutions publiques, les établissements financiers et le secteur privé afin de transformer les intentions d’investissement en projets créateurs de richesse et d’emplois.
Par cette présentation, Bamako ne s’est pas contenté d’exposer ses réformes nationales, il a partagé une politique de mobilisation de sa diaspora. Une dynamique qu’il souhaite désormais inscrire dans une démarche régionale, notamment au sein de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Cette réponse s’inscrit dans un contexte plus large où en Afrique, les diasporas sont de plus en plus considérées comme des réservoirs de compétences, d’innovation et d’investissements, au-delà de leur contribution financière.
Au-delà de la théorie, Mossa Ag Attaher a plaidé pour un renforcement de la coopération entre les pays de la Confédération des États du Sahel à travers la création d’un Forum économique des diasporas de l’AES, d’une plateforme régionale des expertises et d’un fonds d’investissement destiné à financer des projets structurants à l’échelle confédérale.
Issa Djiguiba
