Un drame a endeuillé la commune rurale de Sokoura, dans le cercle de Mopti, le jeudi 13 août 2026. Une quinzaine de femmes ont perdu la vie dans le chavirement d’une pirogue alors qu’elles regagnaient leur village après avoir participé à une foire hebdomadaire. L’accident relance les interrogations sur la sécurité du transport fluvial et les conditions dans lesquelles s’effectuent les déplacements des populations dans cette partie du pays.
Chaque jeudi, la foire hebdomadaire constitue un important rendez-vous commercial pour les populations de plusieurs villages de la zone. Femmes et hommes se déplacent en nombre pour y vendre leurs produits, effectuer leurs achats ou s’approvisionner. Pour de nombreux habitants, la pirogue demeure l’un des principaux moyens de transport pour traverser les cours d’eau et rejoindre les localités environnantes.
C’est dans ce contexte que le drame s’est produit jeudi dernier. Après la foire, les forains ont entamé leur retour vers leurs villages aux environs du crépuscule. Selon les informations disponibles, alors que la pirogue naviguait en direction de la berge, un vent violent se serait brusquement levé. Le piroguier aurait alors tenté de se rapprocher de la rive, mais n’aurait pas réussi à maîtriser l’embarcation.
La pirogue a finalement chaviré, précipitant ses occupants dans l’eau. Le bilan rapporté fait état de quinze femmes décédées. Le drame a plongé les familles et les communautés concernées dans une profonde consternation.
Au-delà de la douleur provoquée par cette tragédie, l’accident soulève une nouvelle fois la question des conditions de sécurité du transport fluvial dans les zones où les populations dépendent largement des embarcations pour leurs déplacements quotidiens. La capacité des pirogues, les conditions météorologiques, les équipements de sécurité et les conditions d’exercice des conducteurs constituent autant de facteurs qui méritent d’être examinés afin de prévenir de nouveaux drames.
Dans un communiqué publié le 17 août, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a fait part de sa tristesse à la suite de ce naufrage. L’institution a appelé les autorités compétentes à faire toute la lumière sur les circonstances de l’accident.
S’appuyant notamment sur la Constitution du 22 juillet 2023, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi que le Protocole additionnel à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes, la CNDH a formulé plusieurs recommandations.
Elle demande notamment l’ouverture d’une enquête afin de déterminer les causes exactes du naufrage et d’établir les éventuelles responsabilités. Elle appelle également à un encadrement plus rigoureux des activités de transport par voie fluviale, ainsi qu’à une assistance aux victimes et à leurs familles.
La Commission insiste par ailleurs sur la nécessité de renforcer la sécurisation des personnes et de leurs biens sur l’ensemble du territoire, notamment dans les différents moyens de transport utilisés par les populations, y compris le transport fluvial.
Le drame de Sokoura rappelle ainsi la vulnérabilité des populations qui dépendent quotidiennement des voies navigables pour leurs déplacements. Dans une région où les activités commerciales et sociales sont étroitement liées aux échanges entre villages, la sécurité des transports constitue un enjeu essentiel.
L’ouverture d’une enquête devra désormais permettre de déterminer les circonstances précises de l’accident et d’identifier les éventuelles défaillances ayant contribué au chavirement. Au-delà de l’établissement des responsabilités, l’enjeu sera surtout de tirer les enseignements de cette tragédie afin que les déplacements des populations par voie fluviale puissent s’effectuer dans des conditions de sécurité renforcées.
Diarra Mamadou
