Pour discuter des avantages des élections législatives et de la nécessité du bon déroulement des scrutins, le studio Tamani s’est déplacé dans la région de Ségou. Il a accueilli autour de son émission ‘’grand débat’’, Mme Traoré Aminata Doucouré, membre d’une organisation de la société civile engagée sur les questions électorales, COCEM ; Moussa Traoré, représentant des chefs de village de la région ; Issa Koné, conseiller administratif et juridique au gouvernorat et Seydou Coulibaly, responsable de la Commission électorale régionale indépendante (CENI) de Ségou.
Durant un bon moment, le débat a été dominé par la question de l’insécurité. Tout le monde était unanime de la recrudescence de l’insécurité au Mali et actuellement, dans certaines localités de la région de Ségou.
Une inquiétude clamée haut et fort par le représentant des chefs de village, Moussa Traoré ainsi que beaucoup d’autres Ségoviens interrogés dans la ville. Ce représentant de l’autorité coutumière est allé même à dire que compte tenu de la menace sécuritaire dans la région, qu’il n’était pas prudent d’inviter la population à ce vote tout en écartant le risque que cela puisse peser sur elle. Il a ainsi interpelé le Gouvernement à prendre toutes les dispositions nécessaires afin de sécuriser les populations durant ces élections.
Mme Traoré Aminata Doucouré a indiqué, pour sa part, toute l’importance de ces élections malgré les menaces de l’insécurité. Pour elle, cette élection est peut-être un moyen de trouver des hommes et femmes qui pourront proposer des solutions concrètes à l’hémicycle pour mettre fin à la crise sans précédent que traverse le Mali.
Selon le conseiller administratif et juridique du gouvernorat de Ségou, M. Issa Koné, beaucoup de mesures ont été prises par les autorités militaires afin de veiller à la sécurisation du scrutin. Mais, reconnait-il, qu’il n’y a pas de garantie totale. Le plus important pour lui, c’est d’aller à ces élections qui ont assez duré. Par ailleurs, il s’est réjoui, jusqu’à cette date, du déroulement sans incident des opérations de retrait des cartes électeurs. Cela est un signe d’espoir, d’accalmie, estime-il.
Au-delà de ces inquiétudes, le représentant du gouvernorat a rappelé que c’est suite à un consensus que l’organisation de ces élections a été maintenue. Pour lui, le pays ne peut pas s’arrêter de fonctionner parce qu’il vit une crise sans fin.
Du côté de la CENI, M. Seydou Coulibaly a fait savoir qu’il n’y’a pas d’incidents majeurs à signaler du point de vue de l’organisation du processus et de la mission de la CENI qui est l’observation de la loi électorale ainsi que tous les acteurs engagés dans le processus électoral. Hormis le non-respect de certains dispositifs pour les affiches de campagne, le responsable de la CENI n’a signalé aucune autre violation, ni du côté de l’administration encore moins au niveau des partis politiques ou des candidats.
À noter que c’est environ 1 170 000 personnes qui doivent se prêter à ce devoir civique et citoyen à Ségou. Pour les 25 sièges à pourvoir dans cette circonscription électorale, 53 listes sont en compétition avec 33 alliances, dont 13 partis politiques et 3 candidatures indépendantes. Parmi ces 53 listes aussi, c’est le cercle de San qui compte la moindre avec 4 listes, Tominian 6, Barouilli et Bla 7-7, Niono 8, Ségou 9 et le cercle de Macina 12. Au total, ils sont 202 candidats, dont 67 femmes.
ISSA DJIGUIBA
Source : LE PAYS
