Mardi, 24 mars 2020, le premier ministre Dr Boubou Cissé a, en compagnie de plusieurs ministres, présidé une table ronde visant la mobilisation des fonds aux fins de financement de la politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle du pays. C’était en présence des représentants de la Troika, partenaire du Mali. Une occasion propice pour le ministre de l’Agriculture, M. Moulaye Ahmed Boubacar, d’exprimer le besoin alimentaire national.
Tenue à huis clos, la rencontre du mardi dernier avait pour but de se pencher sur la problématique des besoins alimentaires du Mali. A cet effet, ladite table ronde portait sur deux choses : mobiliser les partenaires techniques et financiers autour de la stratégie nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle ; et aborder la riposte au covid-19.
Selon le ministre Moulaye, la question relative aux mesures de prévention adoptées contre le covid-19 a été exposée aux représentants de la Troika par Michel Hamala Sidibé, ministre de la Santé et des Affaires sociales. Quant aux points relatifs aux besoins en termes d’aliments et de solutions à apporter, ajoutera Moulaye, des détails ont été donnés par Kassoum Denon, ministre commissaire à la Sécurité alimentaire. Aujourd’hui, précise -t-il, « nous sommes à peu près dans un besoin alimentaire de 56.000 tonnes pour reconstituer le stock du Mali ».
Outre ce besoin prioritaire, les aliments bétails et les semences, sont un enjeu important aussi, selon le ministre de l’Agriculture. A ce niveau, il exprime un besoin de 16.000 tonnes.
Même si le bilan de la campagne précédente a été jugé acceptable par les autorités et singulièrement par le département de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar demeure convaincu qu’il y a des poches qui l’interpellent tous aujourd’hui, voire des gaps à atteindre. À cause de l’insécurité, dit-il, beaucoup de nos producteurs qui se sont déplacés restent encore des bouches à nourrir. « Il faut l’amélioration de la production au niveau des régions d’accueil de ces déplacés internes », a-t-il évoqué, ajoutant que plusieurs paramètres font qu’il nous faut « obligatoirement prendre des solutions urgentes de nos jours, pour la reconstitution du stock national, en termes de besoins alimentaires dans le pays ».Il rassure que les membres du gouvernement ont été compris par les partenaires qui, selon lui, ont accepté de soutenir le pays dans le cadre de la satisfaction des besoins exprimés. Et le ministre de l’Agriculture de faire entendre que sur les 22 milliards de nos francs qu’il faut pour l’obtention des 56.000 tonnes, le gouvernement a pu mobiliser 15 milliards de nos francs.
Suivant les propos du ministre Commissaire à la Sécurité alimentaire, le Mali sera, d’ici le mois d’août prochain, confronté à un problème de besoins alimentaires. D’où la raison de cette table ronde à l’occasion de laquelle, dira-t-il, le premier ministre et les ministres concernés ont exposé l’urgence et la nécessité pour les partenaires d’intervenir et de soutenir le Mali dans sa politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Au-delà des 56.000 tonnes requises, le ministre Denon rassure que le problème de semences dont certains cultivateurs seraient certainement confrontés cette année, a été aussi expliqué auxdits partenaires qui ont montré leur entière disponibilité à accompagner le pays.
Mamadou Diarra
Source : LE PAYS
