La recrudescence du terrorisme et aux défis économiques transfrontaliers ont mené, mi-février, le Ghana et le Burkina Faso à réactiver leur coopération sécuritaire et diplomatique. Cette coopération se concrétise par la signature de sept accords bilatéraux destinés à protéger leurs populations et fluidifier le commerce régional.
Après six ans d’inactivité, la Commission mixte permanente de Coopération (PJCC) entre le Ghana et le Burkina Faso a été réactivée ce mois de février. Les deux pays ont signé sept accords lors d’une session conjointe dans l’optique de renforcer la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogues et l’extrémisme violent. Ces accords visent aussi à améliorer la coordination transfrontalière et à sécuriser l’un des corridors commerciaux les plus sensibles d’Afrique de l’Ouest.
Le corridor Tema-Ouagadougou, vital pour l’économie burkinabè et les exportations ghanéennes, sera désormais mieux protégé grâce à des mesures telles que la reconnaissance mutuelle des permis de conduire, l’harmonisation des réglementations sur le transport et la mise en place de consultations périodiques entre autorités locales. Une commission mixte a également été instaurée pour réaffirmer la frontière commune et coordonner la prévention des catastrophes, notamment liées aux déversements du barrage de Bagré.
Des motivations sécuritaires sont tout aussi au cœur de ce rapprochement. Les récents incidents sécuritaires, dont celui du 14 février à Titao ayant affecté des commerçants ghanéens, ont souligné l’urgence d’une coopération renforcée. Les deux gouvernements ont exprimé leur solidarité avec les victimes et leur volonté de créer une « zone sans drogue » commune, en ciblant la culture, la fabrication et le trafic illicite de stupéfiants et de produits psychotropes.
Les autorités ont insisté sur le fait que le succès de cette initiative dépendra de sa mise en œuvre concrète. Si ces mesures sont appliquées efficacement, elles pourraient transformer la sécurité et le commerce transfrontalier.
KD
