Les comités du Syndicat National de l’Education et de la Culture (SNEC) et du Syndicat National de l’Enseignement Supérieur (SNESUP) de l’Institut Universitaire de Gestion (IUG) de l’Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako (USSGB) ont animé, le 3 février dernier, un point de presse suite à l’annulation du test d’entrée à l’IUG. C’était pour éclairer la lanterne des étudiants par rapport au fait inédit.
Dans la nuit du 29 janvier 2026, le recteur de l’USSGB est passé à la télévision pour faire part de l’annulation des résultats du test d’entrée à l’IUG, au titre de l’année 2025-2026, en raison « des irrégularités constatées dans les moyennes d’admission ». Ce communiqué, au-delà de l’annulation, n’apportait aucune autre information. Dans leur déclaration, les deux syndicats annoncent avoir approché le directeur par intérim de l’IUG afin de comprendre les raisons de l’annulation des résultats. « Il ressort clairement qu’il (directeur intérimaire) a appris cette information au même titre que n’importe quel téléspectateur. À la date du 02 février, il n’avait toujours pas reçu de communication ni de la part du rectorat, encore moins de la part du ministère. Se prononçant sur le sort des admis qui se sont déjà inscrits, il affirme ne rien savoir. Il faut donc retenir que la montagne a accouché d’une souris lors de cette rencontre », ont déclaré les conférenciers, soulignant que l’IUG a présentement un nouveau directeur par intérim depuis le 22 mai 2025. Ce dernier a remplacé un autre directeur intérimaire. Assurément, disent-ils, le premier problème se pose à ce niveau.
L’ancien directeur intérimaire a conduit avec brio l’IUG. Mais à la grande surprise de tout l’IUG, il a été remplacé par un autre. L’actuel directeur par intérim n’a fait qu’un bref passage à l’IUG comme professeur d’informatique, pour ensuite se trouver à la nouvelle école de robotique (CIAR). Lors de son passage, « nous retenons de lui un universitaire obtus, moins soucieux de la performance pédagogique avec un acharnement à s’arroger beaucoup d’heures supplémentaires pour ensuite ne pas les exécuter », ont témoigné les syndicats. Sur un autre volet, ont-ils affirmé, le handicap naturel d’élocution qu’il a, pèse énormément sur ses relations avec ses collègues immédiats (chefs de DER et DGA) et presque tous les enseignants. C’est donc, sous l’ère d’un personnage psychorigide et paranoïaque, que le test d’entrée de cette année a connu ce sort. Depuis l’institution du test d’entrée en 1996, c’est la toute première fois que les résultats soient annulés.
Des failles décelées dans le processus
Selon eux, pour l’organisation du test de l’année 2025-2026, le rectorat a pris une décision en faisant de lui le principal superviseur du test. D’où cette précision : « Si cette supervision lui sied, sur le terrain, l’actuel intérimaire a écarté tout le monde, en premier lieu, son adjoint, pour n’évoluer qu’avec le secrétariat principal de l’IUG et le secrétariat général du rectorat de l’USSGB ». Et les syndicats d’estimer que la tradition établie pour l’organisation du test depuis 1996 n’a pas été respectée. Depuis 1996, à la veille de chaque test, une réunion tripartite Administration-Enseignants-Syndicats est tenue pour cerner les différents aspects et procéder à la mise en place des différentes commissions. Il existait aussi une réunion de restitution après les épreuves. Ce qui n’a pas été respecté cette année. L’aspect le plus confus est le fait que la délibération sur les résultats a eu lieu le 23 décembre 2025. Ces résultats ont été transmis au rectorat le lendemain, mais sont restés pendant près de deux semaines au rectorat.
« Nous notons donc que le rectorat a eu le temps d’apprécier, d’analyser afin de valider. Les candidats admis avec les moyennes faibles, très faibles relèvent exclusivement du caractère discrétionnaire qui a entouré ce traitement de la part du directeur par intérim et du rectorat. Un résultat transmis à l’USSGB le 24 décembre, traité pendant deux semaines par elle, et finalement annulé vingt (20) jours après la proclamation par le MESRS est assurément de l’inédit », ont indiqué les syndicalistes. Et de finir par dire : l’actuel DG par intérim doit-il organiser le prochain test ? Les vrais responsables de cette mascarade (MESRS, USSGB et DG par intérim) doivent-ils rester impunis ?
Mamadou Diarra
