Le Mali attire. Et les chiffres du premier trimestre 2026 publiés par l’Agence pour la Promotion des Investissements au Mali (API-Mali) en sont la démonstration la plus éloquente. Avec 169,7 milliards FCFA d’intentions d’investissements enregistrées au titre du Code des Investissements, l’Agence confirme une trajectoire positive pour l’économie nationale, portée par une volonté institutionnelle clairement affichée de faire du Mali une destination d’investissement compétitive et attractive.
Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
En trois mois seulement, 5 116 entreprises ont été créées sur le territoire national, tandis que les projets agréés au Code des Investissements ont généré 1 175 intentions d’emplois. Le Comité d’agrément a examiné 17 dossiers au cours de la période, et 195 autorisations d’exercice ont été délivrées dans des secteurs aussi variés que le BTP, la promotion immobilière, le transport et le tourisme.
Ces résultats traduisent une mobilisation tous azimuts de l’Agence, qui a parallèlement conduit des missions de terrain, renforcé les capacités des PME maliennes et intensifié ses activités d’aftercare auprès des entreprises industrielles déjà installées.
Renforcer ce qui existe déjà
L’une des priorités de l’API-Mali ce trimestre a été l’accompagnement des entreprises industrielles existantes, à travers 15 visites d’aftercare. Deux cas illustrent particulièrement bien cette démarche.
SOFACOH, spécialisée dans la transformation de fibres de coton en coton hydrophile, n’exploite que 50% de sa capacité installée de 2 000 tonnes par an, freinée par des difficultés d’approvisionnement en matières premières et la pression des importations sur le marché local. L’API-Mali a facilité ses relations avec la CMDT et l’accompagne dans un ambitieux projet d’extension vers la production de compresses médicales — une diversification à fort potentiel de valeur ajoutée locale.
RECYPLAST, de son côté, est une entreprise de recyclage plastique qui a mobilisé plus d’1,3 milliard FCFA d’investissements mais opère à moins de 25% de sa capacité journalière de 24 000 unités. La crise énergétique et la concurrence déloyale des importations pèsent lourd sur son modèle. L’Agence travaille avec elle sur des solutions d’énergie solaire et la mise en relation avec des partenaires financiers.
Former pour mieux investir
Le renforcement des capacités des PME a constitué un autre axe fort du trimestre. Au total, 100 entreprises ont bénéficié de sessions de formation couvrant la gestion financière, l’élaboration de plans d’affaires, l’accès au financement et la mise en conformité juridique et fiscale. Ces formations ont été conduites en partenariat avec la Direction Nationale des Impôts, AFG Bank et Ecobank, offrant aux participants un accès direct aux expertises institutionnelles et financières dont ils ont besoin.
Cap sur le deuxième trimestre
L’API-Mali ne compte pas s’arrêter là. Pour le deuxième trimestre 2026, l’Agence a annoncé vouloir accélérer la digitalisation du parcours investisseur, poursuivre les réformes d’amélioration du climat des affaires et développer de nouveaux partenariats avec des institutions financières et des partenaires au développement.
Un agenda ambitieux, qui s’inscrit dans la Vision Mali 2063 — « Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » — et témoigne d’une conviction : le développement économique du Mali se construira par et pour les Maliens.
Kémoko Diabaté

