Dans le cadre de la relecture de la Politique Nationale de Migration (PONAM), les locaux du ministère des Maliens Etablis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine ont servi de cadre, hier mardi 9 septembre, pour la tenue d’un atelier ayant réuni le personnel du département. C’était sous la houlette du chef de département, M. Mossa Ag Attaher qui était accompagné de plusieurs responsables. Occasion pour lui de revenir sur les objectifs, les priorités stratégiques à prendre en compte par les participants.
De par cette initiative, les autorités du pays entendent mieux gérer la migration afin qu’elle contribue à la réduction de la pauvreté et au développement durable de la Nation. Il s’agit aussi d’assurer la protection et la sécurisation des migrants et les membres de leurs familles, de mettre en place des mécanismes et des dispositions de gestion appropriés pour mieux organiser la migration, de mobiliser et valoriser les apports de la Diaspora pour réduire la pauvreté et soutenir le développement national…. Ainsi, la présente Politique est basée sur huit (8) axes stratégiques, dont la protection et la sécurisation des migrants, l’organisation et la facilitation de la migration légale, la favorisation d’une meilleure réinsertion des migrants de retour, la valorisation et la mobilisation du capital(potentialité) des diasporas pour le développement, le renforcement des capacités des organisations des migrants et de la société civile… Selon les organisateurs, la PONAM est conforme au Cadre stratégique pour la relance économique et le Développement durable (CREDD 2019-2023, Objectif 5.5) ; de même qu’au projet de politique migratoire de la CEDEAO… Selon le ministre Mossa Ag, la PONAM vise à créer un cadre légal et des stratégies concrètes pour gérer l’entrée, le séjour et l’établissement des étrangers, tout en valorisant les contributions de la diaspora au développement du pays.
A ses dires, les maliens se déplacent à travers le monde, bâtissant des ponts économiques, sociaux et culturels avec les pays d’accueil, tout en maintenant des liens indéfectibles avec la patrie mère. Les maliens de la diaspora, par leurs efforts, apportent un soutien multiforme au pays. Ils contribuent par leurs transferts financiers, leurs investissements, leurs savoir-faire et leurs initiatives solidaires au développement national, a-t-il fait savoir.
Des défis à relever
Pour le ministre, la migration n’est pas qu’une opportunité. Elle comporte aussi des défis complexes, tels que la protection des droits des migrants, les contraintes du parcours, les changements climatiques et les déplacements forcés, la vulnérabilité des femmes et des jeunes, les enjeux sanitaires et économiques, sans oublier l’accueil et l’intégration des immigrés vivant au Mali. « C’est pourquoi nous avons la responsabilité de repenser notre Politique Nationale de Migration (PONAM), adoptée en septembre 2014 et mise en œuvre à travers deux plans d’actions quinquennaux aux fins d’une adaptation aux réalités actuelles et aux exigences de demain », a-t-il souligné, confiant que la nouvelle politique migratoire du Mali doit être moderne, inclusive, réaliste et résiliente. Elle doit répondre aux défis du moment et transformer la migration en un véritable levier de développement et de stabilité nationale.
Des priorités stratégiques à prendre en compte
Aux participants, Mossa Ag dira que les orientations de la nouvelle PONAM s’articuleront autour de certaines priorités stratégiques. Il s’agit, dit-il, de faire de la diaspora un acteur clé du codéveloppement ; de créer des mécanismes de financement innovants pour soutenir les projets productifs des migrants ; de sécuriser les parcours migratoires et protéger les droits de tous, y compris ceux des immigrés vivant au Mali; d’assurer la protection spécifique des femmes migrantes et intégrer la lutte contre les violences basées sur le genre ; d’anticiper les déplacements liés aux changements climatiques et renforcer la résilience des communautés… « La migration est une richesse inouïe. Elle est un puissant moteur de transformation sociale, économique, culturelle et environnementale pour le pays. Nous avons donc une responsabilité historique, celle de doter notre pays d’une politique migratoire qui prévient, protège et valorise. Une politique qui répond aux défis du moment, ouvre de belles perspectives pour nos compatriotes établis à l’Extérieur, et humanise l’idéal universel de la migration », a-t-il conclu.
Mamadou Diarra
