L’affaire de la prétendue délégation de Nioro à la Biennale sportive 2026 ne faiblit pas. Deux jours après la lettre de dénonciation adressée au Directeur national des Sports par la Coordination des sections de sports de la région, c’est désormais le Conseil Régional de la Jeunesse de Nioro qui monte au créneau en saisissant le Directeur régional de la Jeunesse et des Sports d’une lettre de contestation officielle.
Le constat est identique et les faits se recoupent. La région de Nioro avait régulièrement constitué sa délégation officielle pour la Biennale sportive 2026, en sélectionnant ses athlètes en football, basketball et athlétisme conformément à la circulaire ministérielle. Cette délégation officielle n’a jamais quitté Nioro pour Bamako. Pourtant, des images et vidéos circulant sur les réseaux sociaux montraient des jeunes se présentant comme représentants de Nioro dans la compétition nationale, sans que le Conseil Régional de la Jeunesse puisse confirmer leur appartenance à la délégation légitimement constituée.
« Cette situation prive les jeunes talents de Nioro d’une opportunité cruciale, ces événements nationaux sont souvent des portes d’entrée vers des compétitions internationales et des perspectives de développement pour nos jeunes. »
— Lettre du Conseil Régional de la Jeunesse de Nioro, 10 août 2026
Au-delà de la contestation, le Conseil Régional de la Jeunesse formule deux demandes précises : que les responsabilités soient clairement situées dans cette affaire qui, selon les termes de la lettre, n’honore pas la région, et que des dispositions soient prises pour éviter toute récidive lors des prochaines éditions.
Cette double saisine — d’abord par les sections sportives, maintenant par le Conseil régional de la Jeunesse — dessine une situation de plus en plus préoccupante dans la gouvernance sportive régionale de Nioro. Deux instances distinctes, légitimes et représentatives, aboutissent au même constat : des jeunes ont été présentés sous le drapeau de Nioro sans mandat officiel, pendant que les vrais athlètes sélectionnés restaient chez eux, le rêve brisé.
Les autorités sportives régionales et nationales sont désormais interpellées. La Biennale sportive 2026, présentée par le gouvernement comme un outil de cohésion nationale et de brassage intercommunautaire, ne peut pas se permettre de laisser sans réponse une affaire qui touche directement à l’équité et à la crédibilité de la compétition.
Kémoko Diabaté
