À Ouagadougou, le premier Forum National sur le Financement de la Santé (FONAFIS) acte un divorce avec la dépendance extérieure. Sous l’impulsion de la Confédération des États du Sahel (AES), le Burkina Faso mise désormais sur ses propres ressources pour garantir les soins de ses populations.
L’ère de la main tendue est révolue. Face à la baisse des financements internationaux, le Burkina Faso choisit l’offensive. Le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a été clair : la souveraineté sanitaire est une priorité nationale. Malgré la crise sécuritaire, l’État porte son budget santé à 12 %. Le plan « 1000 x 5 » illustre cette ambition avec le recrutement annuel de 1 000 spécialistes. Cette stratégie s’appuie sur une solidarité régionale forte, nourrie par l’expérience du Mali en matière de mutualisation des ressources. L’objectif est de sécuriser le Plan national de développement 2026-2030 sans subir les aléas des bailleurs étrangers.
Le Sahel ne veut plus dépendre des agendas extérieurs pour soigner les siens. En faisant de l’autofinancement un levier de résilience, l’AES reprend en main son destin médical. La santé des Sahéliens se décide désormais à Ouagadougou, Bamako et Niamey.
Bagna MAÏGA/KD
