A Bourem, des exemples de leaders en autonomie féminine, qui se sont faites toutes seules, se comptent par génération. Des femmes, durant leur parcours, des actrices clés du développement durable et de la résilience économique dans leurs communautés, il y en a eu.
Le nom de Hondia Attikou peut rimer comme une ode à la persévérance, car le commerce, elle l’a vécu, ressenti, transporté et même vendu… Femme au foyer, elle a été capable, durant son parcours, de soutenir tout un marché, le Marché de Bourem, avec grand M.
Née d’un miracle tant attendu, c’est la fille bénie de Zaheyratou de Koundouga (à la lisière de la ville de Bourem) longtemps restée stérile. Lorsque le destin lui offre enfin un enfant, on baptise la petite Sohoye. Mais le surnom de Hondia, diminutif de Inahongou – « l’inattendue » – s’impose depuis lors dans tous les cœurs et tous les esprits.
Pourtant, à l’âge tendre de 7 ans, elle est confiée à sa demi-sœur Deymou Attikou à Niamey au Niger. Pas d’école, pas de pupitres ni de cahiers… sa classe sera le marché. Elle y apprend l’art du négoce, en aidant Deymou à vendre fruits, légumes et tubercules sous le soleil brûlant.
Ce sera pour elle une école de la vie. Hondia Attikou en sort diplômée, à force de courage et d’abnégation, la passion du commerce l’emportant sur tout et fera sienne cette maxime qui dit que lorsque la vie t’arrache l’école, tu peux encore te faire une place au sommet du marché.
Revenue à Bourem à l’adolescence, Hondia Attikou s’imposera comme une commerçante aguerrie. Ni les mutations de son époux, un porteur d’uniforme (garde républicain), ni les routes sinueuses de Macina, Dioïla ou Saye ne lui ont jamais fait abandonner ses ballots et ses paniers de marchandises. Et lorsqu’elle deviendra veuve après le décès de son mari, c’est une femme debout qui revient au bercail à Bourem, dégageant confiance, indépendance et qui traduira son autonomie, sa fierté et sa connexion avec ses racines. Une femme qui mènera sa vie avec force et liberté, inspirant même les hommes, ceux qui voyagent ou non avec elle, dans des moyens de transport rudimentaires.
Bourem est une ville enclavée et assoiffée de produits alimentaires rares. Grâce à elle et son dynamisme, Bourem trouvera une précieuse intermédiaire.
Correspondance particulière
