Le vendredi 13 mars 2020, le quartier Djicoroni Para a servi de cadre au lancement des activités du Collectif Éveil de Conscience. Le thème était : « Jeunesse et les élections ». Une occasion pour Mohamed Mandé Sidibé, président du collectif, et Drissa Meminta, secrétaire général, d’inviter Ibrahim Hamaciré N’Douré, ancien député ; Mahamadou Aly Haidara, représentant de l’APDP, et Karim Keita, président de la jeunesse de Sebenikoro, à se prononcer sur le rôle des députés.
Le but du collectif est d’éveiller la conscience de la population, surtout en ces temps d’élections, explique Mohamed Mandé Sidibé, président du Collectif Éveil de Conscience. Cet intervenant rassure que la jeunesse joue un rôle prépondérant dans la tenue des élections. D’où le choix de la thématique « Jeunesse et élections ». Pour Drissa Meminta, secrétaire général du collectif, « nous sommes dans un moment électoral, les campagnes sont en cours, et l’on parle des législatives partout dans le pays. D’où le choix de ce thème pour le lancement de nos activités ». Sûr que le Mali traverse une crise multidimensionnelle, M. Meminta estime cruciale la sensibilisation, voire l’éveil de la conscience des populations au sujet du rôle que doivent jouer les candidats, une fois élus députés à l’Hémicycle. Pour lui, le choix des bons candidats par la population peut contribuer à la résolution de la crise.
Le secrétaire général approuve que la jeunesse demeure une couche majoritaire dans le pays, donc incontournable. Puisque, ajoute-t-il, « ce sont les jeunes qui font les campagnes, ils sont les délégués des candidats, et votent aussi ». Ces jeunes, poursuit Meminta, sont les futurs cadres, les dirigeants de ce pays. « Il vaut mieux les préparer dès aujourd’hui, voire leur conscientiser », dit-il, déplorant le manque de changement dans ces élections compte tenu des faits illicites qui se passent : achat de conscience, circulation de frics, alliance à contre nature… « Les gens doivent faire le bon choix. À défaut de coopter des bons candidats, ceux qui ont l’amour et le souci de ce pays, nous passerons cinq (5) autres années en galère », prévient le jeune Meminta, pour qui certains candidats veuillent fuir la justice en se faisant élire à l’Assemblée nationale.
Pour l’ancien député Ibrahim Hamaciré N’Douré, le rôle d’un député est de légiférer d’une part. Et d’autre part, contrôler les actions du gouvernement. L’ex-honorable a tenu à clarifier que l’accès à l’Hémicycle n’est pas subordonné à un diplôme, mais à la confiance du peuple. Il a invité les gens à ne pas confondre le rôle des maires (creuser des puits, des châteaux d’eau, construire des goudrons, des infrastructures scolaires, sanitaires) et celui des députés. « Comme l’ensemble des Maliens ne peuvent pas tous se rassembler pour prendre une loi, ou contrôler les actions du gouvernement, les textes autorisent les citoyens à librement choisir leurs représentants qui sont les 147 députés, élus pour tout le pays. Pour les protéger dans leur fonction, la loi leur accorde l’immunité parlementaire », explique Ibrahim.
Pour le président de la jeunesse de Sebenikoro, le thème est bien choisi et le moment propice. Ce dernier ajoutera que les députés doivent aussi faire la restitution au sein de leur localité.
À la population, Karim Keita invite à faire le bon choix, à éveiller les consciences, et à changer de comportement pour l’avenir des jeunes, voire du pays. Pour lui, trois catégories de candidats seront élus cette année : des candidats qui ont peur de la prison, ceux qui n’ont besoin que leur propre intérêt au détriment du collectif, et les candidats honnêtes, voire patriotes qui se battront pour la cause nationale.
De son côté, Mahamadou Aly Haidara, représentant de l’Autorité de Protection des Données à caractère Personnel (APDP), s’est penché sur l’utilisation des réseaux sociaux en ce moment des élections. Il précise que le réseau social joue un rôle important dans le déroulement de la campagne électorale : rapprochement des candidats aux militants, publications des évènements, publicité des programmes de différentes candidatures.
Mamadou Diarra
Source : LE PAYS
