Longtemps réduite aux seuls transferts financiers et au soutien aux familles, la diaspora malienne joue un rôle beaucoup plus large dans la construction nationale. Le discours du président de la Transition, le Général d’Armée Assimi GOÏTA, à l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance du Mali, témoigne de l’espoir qu’il porte personnellement pour cette communauté et de la place qu’elle peut occuper dans la construction nationale.
« Les Maliens établis à l’extérieur, déjà actifs dans la construction nationale, ont toute leur place sur ce chantier historique, non comme observateurs, mais comme bâtisseurs à travers tous les cadres participatifs créés à leur profit », a indiqué le président de la Transition, le Général d’Armée Assimi GOÏTA, à l’occasion de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’Indépendance du Mali. Par cette déclaration, le chef de l’État met en avant le rôle de la diaspora malienne dans le développement socioéconomique du pays.
Au-delà de la reconnaissance des initiatives engagées en faveur des Maliens établis à l’extérieur, cette vision traduit également la volonté de créer davantage de passerelles entre leurs compétences, leurs capacités d’investissement et les besoins du pays.
Un chantier sur lequel travaille le ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine depuis plusieurs années. Le ministre Mossa AG Attaher, à travers différents mécanismes de concertation, de mobilisation et d’accompagnement, a mis en place de nombreuses initiatives visant à renforcer la participation des Maliens de l’extérieur à la construction nationale.
L’une de ces actions phares demeure le Forum international de la diaspora (FID), dont la deuxième édition a réuni près de 1 000 participants, du 16 au 18 juillet 2026 à Bamako, sous le thème « Diaspora malienne et investissements productifs : bâtir un Mali économiquement fort pour un développement durable ». Cette rencontre a permis aux différentes parties prenantes, notamment les investisseurs de la diaspora, les représentants des institutions publiques, le secteur privé, les universitaires et les organisations de Maliens de l’extérieur, d’échanger sur le financement des investissements, le transfert de compétences, la diplomatie économique et la gouvernance migratoire.
Le FID² a également servi de cadre au lancement de DiasporaHub, conçu pour renforcer la mise en relation entre la diaspora et les opportunités nationales. À cette dynamique s’ajoute la plateforme numérique dédiée au répertoire des compétences des Maliens établis à l’extérieur, lancée le 22 août 2026 à Washington. Cet outil vise à recenser et à valoriser les compétences de la diaspora et à renforcer les possibilités de coopération et de mise en synergie des expertises. Il vient compléter des dispositifs déjà existants, notamment le programme TOKTEN et la Cellule d’appui à la capitalisation de l’expertise de la diaspora.
La logique est donc de dépasser la seule contribution financière afin que le potentiel humain, composé d’ingénieurs, de chercheurs, d’entrepreneurs, de médecins, d’universitaires, de techniciens ou encore de professionnels du numérique, puisse être davantage associé, selon les domaines d’expertise, aux besoins et aux projets du pays. La mobilisation des compétences constitue d’ailleurs l’un des axes désormais mis en avant dans la politique du département de Mossa AG Attaher.
L’investissement productif constitue un autre levier majeur. À travers les rencontres d’affaires, les échanges avec les investisseurs et les initiatives consacrées à l’entrepreneuriat, le ministère cherche à favoriser une implication plus structurée de la diaspora dans l’économie nationale. La participation du Mali au Forum de la Diaspora nigérienne, en juillet 2026, a notamment permis de présenter l’expérience malienne en matière de mobilisation de la diaspora, ainsi que les initiatives destinées à stimuler les investissements productifs et à resserrer les liens entre la Nation et ses ressortissants.
Cette mobilisation s’étend également à la jeunesse. C’est pourquoi, lors du Grand Forum de la Jeunesse malienne de la Diaspora, organisé à Philadelphie les 5 et 6 septembre 2026, les échanges ont porté sur l’entrepreneuriat, le mentorat, la transformation numérique, le leadership et l’engagement citoyen. La Déclaration de Philadelphie, adoptée à cette occasion, traduit la volonté des participants de mettre leurs compétences et leur expertise au service du développement national.
Dans ce contexte, l’intervention du président de la Transition vient renforcer cette dynamique et confirmer la volonté de faire de la diaspora un maillon essentiel de la construction du Mali-Kura. Au-delà des transferts financiers, les Maliens établis à l’extérieur sont ainsi appelés à contribuer par leurs compétences, leurs investissements, leurs réseaux et leur expertise au développement du pays.
Issa Djiguiba
