Le Tribunal du Travail de Bamako a tranché, lundi 28 septembre dernier, le procès opposant le Syndicat National des travailleurs de l’Enseignement Privé Catholique (SYNTEC) à la Direction de l’Enseignement Privé Catholique. La juridiction a rejeté la demande du syndicat des enseignants pour « insuffisance du fond du dossier ».
Après huit reports, le verdict du Tribunal de Travail de Bamako a été ainsi rendu public. La demande du syndicat a été rejetée pour « insuffisance du fond du dossier ». La nouvelle a été confirmée par M. Soron Coulibaly, membre du SYNTEC. « La demande du syndicat a été rejetée par le tribunal de travail de Bamako, ce jour 28 septembre 2026, suite à la plainte pour licenciement abusif, depuis août 2025 », a-t-il expliqué. Rappelons que le syndicat avait saisi cette juridiction pour réclamer justice et contester la procédure de licenciement de l’ex-employeur, la Direction de l’enseignement privé catholique. Via la démarche, le syndicat dénonçait la violation de certains droits et la non-obtention de certaines indemnités, notamment des mois d’arriérés de salaires, des primes d’indemnités, des droits à l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) et l’indemnité de préavis du licenciement engagé par les responsables de la Direction. Hormis cette démarche enclenchée devant la justice, le syndicat plaide pour le déploiement des enseignants licenciés dans les fonctions de l’État ou dans les fonctions des Collectivités territoriales, là où leur mission d’éduquer pourra contribuer à rayonner auprès des générations futures. « Ne soyons pas les témoins passifs d’un effondrement silencieux de l’avenir et des vies de nos concitoyens. Soyons les acteurs du sursaut de l’équité et de la paix », a indiqué le secrétaire général du SYNTEC, M. Raymond Kamaté, lors du septième report du procès en date du lundi 7 septembre dernier. Rappelons que le gouvernement a arrêté les subventions financières accordées aux écoles privées catholiques en date du 30 juin 2025, mettant fin à un partenariat historique de plus de cinquante ans. La situation tire sa source de la signature, en date du 3 avril 2025, d’un accord entre le gouvernement et la Conférence épiscopale du Mali. La vieille convention, paraphée en 1972, permettait à l’État du Mali d’aider l’école catholique en assurant le financement des salaires à hauteur de 80 %. Avec l’arrêt de la subvention, plusieurs établissements catholiques ont été fermés pour incapacité de subvenir aux charges des travailleurs. Cet arrêt de la subvention s’est soldé par le licenciement de 1 613 instituteurs répartis dans 138 établissements catholiques du pays.
Diarra Mamadou
