Dioncoulané dans le cercle de Yélimané : Les autorités appelées à éviter un affrontement entre populations

Dans le but d’éviter le chaos dans le village de Dioncoulané pour une histoire de gestion des adductions d’eau potable, l’Association des bénéficiaires et Usagers des adductions d’eau potable de Dioncoulané a organisé le week-end dernier une conférence de presse à Yélimané, pour interpeler les autorités à prendre urgemment des dispositions enfin d’éviter une guerre civile dans le village de Dioncoulané.

Cette conférence était présidée par le président de l’Association des Bénéficiaires de Dioncoulané, Issouf Samassa, en présence de plusieurs membres de l’Association.

Suite à des difficultés d’approvisionnement en eau de qualité, exprimées par les populations du village de Dioncoulané, les ressortissants résidents en occident, particulièrement en France et aux USA, ont décidé de doter leur communauté en infrastructure d’adduction d’eau potable. Ainsi, regroupés au sein d’une association dénommée Association de Solidarité pour le Développement de Dioncoulané Kantara (ASDDK) France, ils ont, par des cotisations internes, mobilisé environ 900 000 000 de FCFA et réalisé le projet courant l’année 2002 avec l’appui technique d’un certain M. Bernard PORK de la SAGEP à Paris (France).

Puis, en 2003, l’ASDDK France décide de mettre en place une association locale analogue, l’Association de Solidarité pour le Développement de Dioncoulané Kantara(ASDDK) dans le village d’origine, Dioncoulané, dans le Cercle de Yelimané. A sa création, un Comité de Gestion est mis en place par les donateurs de France de l’Adduction d’Eau Potable (AEP), composé des membres du Bureau de l’ASDDK Dioncoulané, dirigé par Moriba Soukouna.

Selon Issouf Samassa, président de l’Association des Bénéficiaires de Dioncoulané, en 2016, suite à une crise de gouvernance dans le Comité de Gestion et à une longue absence de son président pour des raisons de santé, le Président de l’ASDDK France, de sa propre initiative et sans consultation des membres de son association, destitue Moriba Soukouna de la tête de la structure et le remplace par Abdoulaye Soukouna

Alors, certains conseillers du chef de village, alertés par le président limogé pour mauvaise gestion du fond social de l’AEP, approchent le Comité de Gestion en vue d’en vérifier les comptes. Cependant, après plusieurs demandes infructueuses, un Collectif de Conseillers du Chef de village de Dioncoulané adresse une demande d’explication au nouveau Président aux fins de rendre compte de la gestion de l’AEP. Mais, face à son refus d’y répondre favorablement, une plainte est déposée par ledit Collectif auprès du Procureur de la République près le Tribunal d’Instance de Yelimané. Classée sans suite, elle est renouvelée avec Constitution de partie civile auprès du Cabinet du Juge d’Instruction qui décide de ne pas informer pour des raisons que nous ignorons, selon le conférencier.

Par la suite, courant 2017, à la demande expresse et sur insistance des membres de l’association, le président de l’ASDDK France confie au cabinet Fiduciaire Africaine d’Audit, de Conseil, d’Informatique et de Management (FAACIM) Sarl/LTD la réalisation d’un audit des comptes et rapports de suivis financiers du Projet d’adduction d’eau pour les exercices allant de 2003 à 2016, ainsi que les états des mouvements de trésorerie pour les exercice clos au 31 décembre de chaque exercice annuel. Un premier rapport dit Provisoire est présenté à l’association par l’expert en juin 2017, suivi d’un Rapport définitif en septembre 2017.

Le rapport du cabinet FAACIM fait ressortir un détournement de 169 988 350 FCFA retirés du compte BDM de l’AEP par les responsables du Comité de Gestion dans la période allant de 2003 à 2016,

Selon toujours lui, c’est suite à la disparition du fonds que l’Association (ASDDK) du Mali a décidé de suspendre toutes les activités du comité et demande au maire d’intervenir au plus vite possible. C’est ainsi le maire a adressé une demande au ministre en charge de l’eau afin de prendre des dispositions. Le ministre en son tour a ordonné la Mairie de ladite localité de gérer l’eau en attendant la mise en place d’un nouveau comité.

Malgré la décision du ministre, l’ancien comité refuse de céder la gestion à la Mairie. « Cela risque d’un affrontement entre les deux camps, car les villageois refusent de payer l’eau au comité et le comité à son tour ne veut pas céder la gestion à la Mairie. La guerre est inévitable, nous demandons aux plus hautes autorités d’intervenir au plus vite possible pour éviter le chaos dans le village », a-t-il précisé.

Yaya Kanitao, correspondance particulière

Source : LE PAYS

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