« Le bateau Mali peut tanguer, mais ne chavirera jamais », a-t-on l’habitude de dire à chaque fois que notre pays fait face à d’énormes problèmes. Ce discours, il est beau et rassure, même les plus sceptiques, quant à l’avenir du Mali, car il vient des plus hautes autorités. Mais ces derniers jours, le bateau Mali est en une panne inquiétante. Son capitaine, refusant d’admettre qu’il est un mauvais conducteur, aggrave le défaut du bateau. Le Mali souffre. La situation va de mal en pis, et le pays va droit au mur. Le président IBK, mauvais capitaine du bateau Mali, et ses apprentis ont certainement conscience de la gravité de la situation actuelle du pays. Ils doivent savoir que seule cette belle phrase ne peut plus sauver le Mali. Il faut des actes concrets surtout.
Pendant 6 ans, le journal Le Pays a dénoncé, souvent avec rigueur, l’incapacité du clan IBK à gouverner ce pays. L’insécurité qui s’aggrave chaque jour, la corruption à ciel ouvert, le clientélisme, l’affairisme, les atteintes aux acquis démocratiques, le laisser-aller dans les écoles, le détournement des fonds dédiés à l’armée, le mensonge d’État… Le Pays s’est farouchement opposé à toutes ces pratiques peu orthodoxes du régime en place. Nous n’avons pas la prétention de détenir le monopole de la vérité, mais nous étions convaincus que la gouvernance chaotique instaurée par ce régime depuis 2013 conduirait le pays dans le gouffre. Nous avions prévenu des dangers qui guettaient le Mali avec une réélection d’IBK, avec son bilan catastrophique du premier quinquennat. Nous étions considérés à l’époque comme des oiseaux de mauvais augure par les flagorneurs du régime. Non, personne ne peut souhaiter du mal à son pays. Notre combat, le seul au niveau du Le Pays, c’est le Mali, son émergence.
La semaine dernière fut dure pour le peuple malien et son armée. 38 militaires ont perdu la vie dans des attaques contre Boulkessi et Mondoro (Que leurs âmes reposent en paix). Ces attaques ont provoqué la frustration des épouses et enfants de militaires qui ont manifesté à Bamako et à Kati. Ils ont dénoncé le mensonge d’État et le manque de véhicules blindés. Comme lors de toutes les autres attaques, ce sont les condamnations, les visites honteuses des autorités pour observer les dégâts causés. Quel gâchis ! Plusieurs attaques ont précédé ces dernières après lesquelles le président IBK a adressé des discours durs. « Plus jamais ça … » Nous autres avions cru en ces discours. Nous avions espéré un Mali de paix sous IBK. Mais notre désespoir est encore grand : des militaires et des civils sont en train de mourir au centre du Mali. Le vieux pense, mais ses stratégies sont loin de pouvoir mettre fin à ces hostilités.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, les manifestations populaires des jeunes dans des régions et cercles du Mali pour la réhabilitation de leurs routes attestent combien la situation est grave. Au niveau de l’éducation, les enseignants ont déjà commencé à hausser le ton parce que le gouvernement n’a pas respecté son engagement. Tous les domaines souffrent énormément, même si au niveau de la justice le ministre Malick Coulibaly a commencé à changer les choses.
Tous ces problèmes prouvent que le bateau Mali tangue beaucoup. Ils prouvent aussi que le président IBK, le messie de 2013, n’a pas une bonne stratégie pour sortir le Mali du gouffre. Oui le bateau Mali tangue et continue de tanguer, parce qu’il est conduit par un mauvais capitaine. Lui et ses apprentis doivent reconnaitre que leur politique n’est pas bonne. Pour éviter au bateau Mali de chavirer, le président BK doit prendre conscience de son échec, appeler tous les Maliens à l’accompagner. C’est ensemble que les Maliens pourront sauver leur pays.
Boureima Guindo
Source : LE PAYS
