Le Directeur national de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mahamadou Ouologuem, a annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête et une série de mesures pour renforcer la sécurité des constructions, à l’issue d’une conférence de presse tenue ce mercredi à Bamako, suite à l’effondrement d’un immeuble survenu le 20 mars en Commune VI.
Ce drame avait causé la mort de cinq personnes et fait une vingtaine de blessés. Au nom des autorités, il a présenté les condoléances aux familles endeuillées et exprimé la solidarité du gouvernement envers les victimes.
« La question de la sécurité des constructions est une exigence absolue », a-t-il déclaré, précisant qu’une commission d’enquête indépendante est à pied d’œuvre pour déterminer les causes exactes de l’effondrement. Selon lui, « aucune piste n’est écartée », notamment des défaillances techniques, le non-respect des normes ou des insuffisances dans les contrôles.
Le responsable a rappelé que des textes encadrent strictement les études techniques, les permis de construire et le suivi des chantiers, insistant sur leur caractère obligatoire.
Parmi les mesures annoncées figurent le renforcement immédiat des contrôles sur les chantiers en cours, le lancement d’une opération nationale d’identification des bâtiments à risque, ainsi que l’accélération de la réforme du système de délivrance des permis de construire. Une campagne de sensibilisation des acteurs du secteur est également prévue.
Intervenant lors de la rencontre, le président de l’Ordre des Architectes du Mali, Hassoum Dicko, a estimé que les normes existantes étaient suffisantes, mais que leur application reste problématique. Il a relevé que certains promoteurs ne sollicitaient pas les professionnels pour le suivi des travaux, malgré l’obligation légale.
Il a indiqué que le recours aux architectes et ingénieurs permet d’optimiser les coûts et de garantir la sécurité des ouvrages, mettant en garde contre les pratiques visant à contourner ces exigences.
Le Directeur régional de la Protection civile de Bamako, le colonel Adama Diarra, a pour sa part expliqué que le « plan blanc » est systématiquement déclenché en cas d’effondrement, permettant une mobilisation coordonnée des services de secours et des structures sanitaires pour la prise en charge des victimes.
Les services techniques ont également rappelé que l’autorisation tacite de construire ne concerne que certains travaux de fondation de faible importance et reste encadrée par des contrôles.
Les autorités ont appelé à la responsabilité collective et à la vigilance, tout en invitant les citoyens à se référer exclusivement aux sources officielles pour éviter la propagation de fausses informations.
Kémoko Diabaté
